Eva Geller, une Australienne de 90 ans blessée par balle lors de l’attaque contre un rassemblement juif à Bondi Beach, en décembre 2025, est décédée jeudi 5 novembre dans un hôpital de Sydney. Cette survivante de la Shoah avait échappé aux persécutions nazies durant son enfance avant de s’installer en Australie. Sa disparition ravive le traumatisme provoqué par l’une des fusillades les plus meurtrières de l’histoire récente du pays.
Près d’un an après l’attaque terroriste qui avait frappé la célèbre plage de Bondi Beach, à Sydney, une nouvelle victime vient de succomber à ses blessures. Eva Geller, âgée de 90 ans, est morte jeudi soir dans un établissement hospitalier de la métropole australienne. Elle figurait parmi les dizaines de personnes grièvement blessées le 14 décembre 2025, lorsque deux hommes armés avaient ouvert le feu sur un rassemblement de la communauté juive. L’attaque avait fait quinze morts, parmi lesquels une fillette de dix ans.
La disparition d’Eva Geller a été confirmée vendredi 6 novembre par le rabbin Aron Moss, de la synagogue Nefesh. La nonagénaire avait célébré son anniversaire quelques mois auparavant. Malgré les épreuves traversées au cours de son existence, ses proches la décrivent comme une femme ayant conservé une grande force de caractère. Son décès suscite une émotion particulière au sein de la communauté juive australienne, profondément marquée par les événements de décembre dernier.
Une survivante de la Shoah frappée par une nouvelle tragédie
L’histoire personnelle d’Eva Geller donne une dimension particulièrement douloureuse à sa disparition. Enfant, elle avait survécu à la Shoah, échappant aux persécutions nazies qui ont entraîné l’assassinat de six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle avait ensuite trouvé refuge en Australie, où elle avait construit une nouvelle vie. Plusieurs décennies plus tard, elle a été victime d’une attaque visant un rassemblement juif dans son pays d’adoption.
Le rabbin Aron Moss lui a rendu hommage en soulignant qu’elle était restée positive, aimante et forte jusqu’à la fin de sa vie. Ce témoignage rappelle le parcours d’une génération de survivants dont les récits occupent une place essentielle dans la transmission de la mémoire de la Shoah. La mort d’Eva Geller intervient alors que les autorités australiennes poursuivent leurs efforts pour répondre aux conséquences de l’attaque de Bondi Beach.
Deux hommes armés avaient ouvert le feu sur un rassemblement juif
Le 14 décembre 2025, deux assaillants avaient pris pour cible un événement organisé par la communauté juive sur la plage de Bondi Beach, l’un des lieux les plus fréquentés de Sydney. Les tirs avaient provoqué un mouvement de panique parmi les participants et les personnes présentes à proximité. Quinze personnes avaient été tuées lors de cette attaque, tandis que plusieurs dizaines d’autres avaient été blessées, parfois très grièvement.
L’un des tireurs, Sajid Akram, âgé de 50 ans, avait été abattu par la police sur les lieux. Son fils, Naveed Akram, avait été arrêté puis poursuivi pour quinze meurtres, quarante tentatives de meurtre et un acte terroriste. Son dossier demeure entre les mains de la justice australienne. À ce stade, les autorités policières n’ont pas précisé si le décès d’Eva Geller pourrait entraîner de nouvelles charges à son encontre.
Une attaque qui a bouleversé l’Australie
La fusillade de Bondi Beach avait constitué la pire tuerie de masse par arme à feu en Australie depuis près de trois décennies. L’événement avait provoqué une onde de choc dans un pays où les restrictions sur les armes ont été considérablement renforcées depuis le massacre de Port Arthur, en Tasmanie, en 1996. La violence de l’attaque et le choix d’un rassemblement juif comme cible avaient également soulevé de profondes inquiétudes concernant l’antisémitisme.
Dans les semaines suivant le drame, les autorités australiennes avaient annoncé de nouvelles mesures destinées à renforcer la réglementation des armes à feu et à lutter contre les discours de haine. Ces initiatives avaient alimenté un débat national sur la sécurité des communautés religieuses, la prévention de la radicalisation et les moyens dont disposent les pouvoirs publics pour empêcher de nouvelles attaques.
Anthony Albanese rend hommage aux victimes
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a exprimé ses condoléances après l’annonce du décès d’Eva Geller. Le chef du gouvernement a rappelé que l’Australie n’oublierait pas les personnes qui continuent de porter les conséquences physiques et psychologiques de l’attentat. Ses déclarations interviennent alors que de nombreuses familles tentent encore de se reconstruire après la fusillade.
Pour les survivants, les conséquences de l’attaque ne se limitent pas aux blessures physiques. Les traumatismes psychologiques, les deuils et les inquiétudes liées à la sécurité demeurent présents dans la vie quotidienne. La disparition d’Eva Geller rappelle également que certaines victimes continuent de lutter contre les séquelles de leurs blessures plusieurs mois après les faits.
Une communauté toujours marquée par le drame
La communauté juive de Sydney demeure profondément affectée par l’attaque de décembre 2025. Les rassemblements commémoratifs et les hommages aux victimes ont contribué à entretenir leur mémoire, tandis que les responsables religieux et associatifs appellent à préserver la solidarité entre les différentes composantes de la société australienne. Le parcours d’Eva Geller, survivante des persécutions nazies devenue victime d’une attaque antisémite des décennies plus tard, occupe désormais une place particulière dans cette mémoire collective.
Près de onze mois après la fusillade, le décès de cette femme de 90 ans rappelle que les conséquences d’un attentat peuvent se prolonger bien au-delà du jour où il se produit. Alors que la procédure judiciaire se poursuit contre le suspect survivant, les proches des victimes attendent toujours des réponses et la reconnaissance de leurs souffrances. La disparition d’Eva Geller ajoute une nouvelle page douloureuse à l’histoire de Bondi Beach, devenue le symbole d’un traumatisme national.









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