Le Monténégro se rapproche d’une adhésion historique à l’Union européenne. Dans son rapport annuel sur l’élargissement, publié mercredi 4 novembre 2026, la Commission européenne estime que le pays des Balkans pourrait achever ses négociations d’adhésion avant la fin de l’année et signer un traité dès l’été 2027. Une perspective qui permettrait à ce petit État de rejoindre l’Union en 2028, sous réserve de la poursuite des réformes et de l’accord des 27 États membres.
L’Union européenne pourrait accueillir un nouvel État membre pour la première fois depuis l’adhésion de la Croatie en 2013. Dans son rapport annuel consacré à l’élargissement, la Commission européenne a salué les progrès réalisés par le Monténégro, désormais considéré comme le pays candidat le plus avancé dans son processus d’intégration. Bruxelles estime que les négociations pourraient être achevées d’ici au 31 décembre 2026, ouvrant la voie à la signature d’un traité d’adhésion dès juin 2027. Si ce calendrier est respecté, le Monténégro pourrait devenir le 28e membre de l’Union européenne en 2028. Cette perspective représente une avancée majeure pour ce pays d’environ 630 000 habitants, engagé depuis plusieurs années dans un rapprochement avec les institutions européennes.
La commissaire européenne chargée de l’élargissement, Marta Kos, a souligné les progrès accomplis par Podgorica dans la mise en œuvre des réformes exigées par Bruxelles. Selon la Commission, 21 chapitres de négociation ont déjà été provisoirement clôturés. Les chapitres restants pourraient l’être avant la fin de l’année, à condition que les États membres donnent leur accord et que les autorités monténégrines poursuivent leurs efforts. La Commission considère que le pays approche désormais de la dernière étape de son processus d’adhésion. Toutefois, la date de 2028 reste un objectif et non une décision définitive. L’entrée dans l’Union nécessitera notamment la ratification du traité d’adhésion par l’ensemble des 27 États membres.
Des réformes décisives pour rejoindre l’Union européenne
Les progrès du Monténégro concernent notamment l’état de droit, la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions publiques. Ces domaines constituent des critères essentiels pour les pays souhaitant rejoindre l’Union européenne. Bruxelles insiste particulièrement sur la nécessité de garantir l’indépendance de la justice, de renforcer les mécanismes de contrôle et de poursuivre les réformes administratives. La Commission demande également au gouvernement monténégrin de maintenir un large consensus politique autour de l’adhésion. Les divisions partisanes pourraient en effet ralentir l’adoption des dernières mesures nécessaires à la clôture des négociations.
Le processus d’intégration du Monténégro a débuté bien avant les annonces de cette semaine. Le pays a obtenu le statut de candidat à l’Union européenne en 2010, avant d’ouvrir officiellement les négociations d’adhésion en 2012. Depuis, les autorités ont progressivement adapté leur législation aux normes européennes. Le Monténégro est également membre de l’OTAN depuis 2017, ce qui témoigne de son rapprochement stratégique avec les institutions occidentales. Son adhésion à l’Union européenne représenterait une nouvelle étape dans cette orientation diplomatique, dans une région des Balkans occidentaux où les trajectoires européennes restent contrastées.
Un signal adressé aux autres pays des Balkans
Pour la Commission européenne, les avancées monténégrines doivent également servir d’exemple aux autres pays candidats. Bruxelles souhaite démontrer que la mise en œuvre des réformes peut déboucher sur une perspective concrète d’adhésion. L’Albanie figure également parmi les pays les plus avancés, avec l’objectif de conclure ses négociations d’ici à la fin de 2027. La Moldavie et l’Ukraine ont elles aussi enregistré des progrès, malgré des contextes politiques et sécuritaires particulièrement difficiles. Ces quatre pays bénéficient désormais de feuilles de route indicatives destinées à préciser les prochaines étapes de leur rapprochement avec l’Union.
La situation apparaît toutefois plus compliquée pour plusieurs autres candidats. La Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du Nord doivent encore surmonter des obstacles institutionnels et politiques importants. Le Kosovo reste confronté à des difficultés liées à son statut et à ses relations avec Belgrade. Quant à la Turquie, ses négociations d’adhésion demeurent pratiquement gelées. Dans ce contexte, le Monténégro pourrait devenir le premier pays des Balkans occidentaux à rejoindre l’Union depuis la Croatie. Une telle adhésion renforcerait la présence européenne dans cette région stratégique, située entre l’Europe centrale, la Méditerranée et les frontières orientales du continent.
Un élargissement devenu un enjeu géopolitique majeur
La Commission européenne présente désormais l’élargissement comme un instrument de sécurité et de stabilité. La guerre en Ukraine, les tensions internationales et les tentatives d’ingérence étrangère ont renforcé l’importance stratégique accordée à l’intégration des pays voisins. La haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a notamment insisté sur le rôle que pourrait jouer une Union élargie dans le renforcement de son influence diplomatique et économique. L’intégration progressive des pays candidats concerne déjà plusieurs secteurs, dont l’énergie, les transports, le numérique et la défense. Pour le Monténégro, l’adhésion permettrait de participer pleinement aux institutions européennes et d’accéder à de nouvelles possibilités économiques.
La perspective d’une entrée en 2028 reste néanmoins conditionnée à plusieurs décisions politiques. Après la clôture des négociations, le traité d’adhésion devra être finalisé, signé puis ratifié conformément aux procédures de chaque État membre. Le Monténégro devra également démontrer que les réformes adoptées produisent des résultats durables. Pour Bruxelles, l’enjeu consiste à maintenir la crédibilité du processus d’élargissement tout en préservant les exigences démocratiques imposées aux candidats. Treize ans après l’entrée de la Croatie, le Monténégro pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase de l’intégration européenne et relancer les perspectives d’adhésion des autres pays des Balkans occidentaux.









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