Un lycéen de 16 ans a été grièvement blessé à la main mercredi au matin devant le lycée Louis-Couffignal, à Strasbourg. L’adolescent manipulait un mortier d’artifice lorsque celui-ci a explosé, lui arrachant deux phalanges. Il a été pris en charge en urgence absolue.
Les faits se sont produits devant l’établissement situé dans le quartier de la Meinau, alors que les mobilisations et blocages de lycées se poursuivent dans plusieurs villes françaises. Les premiers éléments communiqués par les autorités établissent que la blessure a été provoquée par le mortier manipulé par le jeune homme lui-même.
Deux phalanges arrachées par l’explosion
Selon les premiers éléments recueillis par les autorités, le jeune de 16 ans s’est blessé « avec son propre tir de mortier ». L’explosion lui a provoqué une très grave blessure à la main, avec l’arrachement de deux phalanges.
La préfecture du Bas-Rhin a confirmé une « blessure grave à la main » et une prise en charge en « urgence absolue ». Elle évoque explicitement une blessure auto-infligée, écartant ainsi, à ce stade, l’hypothèse d’une blessure provoquée par un tir des forces de l’ordre.
L’accident intervient alors que les blessures de plusieurs adolescents lors des mobilisations lycéennes ont alimenté ces derniers jours une importante polémique sur les moyens employés lors des opérations de maintien de l’ordre. Le sujet a notamment provoqué de vifs échanges politiques autour des lycéens grièvement blessés depuis le début du mouvement.
Le lycée Couffignal déjà au cœur de violents incidents
Le lycée Louis-Couffignal avait déjà connu de graves tensions quelques jours auparavant. Lors des précédentes mobilisations, des poubelles avaient été incendiées et des abribus dégradés aux abords de l’établissement, tandis que des mortiers avaient également été utilisés.
Les incidents avaient eu des conséquences importantes sur le quartier et les transports. Une ligne de tramway avait notamment dû être interrompue pendant plus de deux jours après les dégradations commises autour du lycée.
Strasbourg avait fait partie des villes particulièrement touchées par les violences accompagnant certains blocages. La mobilisation nationale a conduit à la fermeture de plus de 400 établissements et à de nombreuses interpellations, tandis que plusieurs lycées ont été confrontés à des incendies, des jets de projectiles ou des tirs de mortiers.
Les mortiers d’artifice au cœur de plusieurs incidents
Les mortiers d’artifice sont régulièrement utilisés lors des affrontements autour de certains établissements depuis le début de la contestation. Leur puissance expose directement ceux qui les manipulent, mais également les personnes se trouvant à proximité lorsque les engins sont tirés au ras du sol ou dans une foule.
L’accident de Strasbourg intervient ainsi au lendemain d’un autre incident impliquant un mortier à Saint-Cyr-l’École, dans les Yvelines. Un bébé d’un an installé dans une poussette avait dû être hospitalisé après le tir d’un mortier à proximité d’un lycée, tandis qu’une adolescente soupçonnée d’avoir utilisé l’engin avait été placée en garde à vue.
Ces violences ont conduit plusieurs personnalités à appeler à distinguer les revendications portées par les lycéens des destructions et agressions commises autour de certains établissements. Teddy Riner avait notamment condamné les incendies et les violences dans les lycées tout en refusant d’assimiler l’ensemble des élèves mobilisés à leurs auteurs.
À Strasbourg, le bilan est particulièrement lourd pour l’adolescent de 16 ans. L’explosion de son propre mortier lui a arraché deux phalanges et nécessité une prise en charge médicale immédiate en urgence absolue.

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