Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est rendu mercredi en Israël pour marquer le troisième anniversaire des attaques du Hamas, visitant plusieurs sites du massacre et rendant hommage aux 51 ressortissants français tués ce jour-là. Ce déplacement intervient quelques semaines seulement après un vif accrochage entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu à l’ONU.
Trois ans après l’attaque du Hamas qui avait frappé le sud d’Israël le 7 octobre 2023, Jean-Noël Barrot a choisi de se rendre sur place pour une journée de recueillement. Le chef de la diplomatie française a d’abord visité le kibboutz Beeri, l’un des lieux les plus meurtris de cette journée : selon les bilans établis par l’armée israélienne, 101 civils y ont perdu la vie, auxquels s’ajoutent 23 soldats et 8 policiers tués lors des combats.
Le ministre s’est ensuite rendu sur la Place des Otages, à Tel-Aviv, devenue depuis trois ans le symbole du combat des familles pour la libération des personnes enlevées et emmenées à Gaza. Sur le réseau social X, Jean-Noël Barrot a qualifié l’attaque du Hamas de « pire massacre antisémite depuis la Shoah » et rappelé que 51 Français figuraient parmi les 1 221 victimes recensées par l’AFP. « Nous ne les oublierons jamais. Rien n’effacera ni leurs visages, ni leurs noms », a-t-il écrit.
Le déplacement prévoyait également des visites au kibboutz Nir Oz et sur le site du festival Nova, près de Réïm, où plus de 300 personnes avaient été massacrées. Des échanges avec des familles de victimes, notamment françaises, étaient aussi au programme. Paris a présenté ce voyage avant tout comme un acte mémoriel : aucune rencontre avec de hauts responsables israéliens n’était prévue.
Ce choix de sobriété protocolaire ne suffit pas à effacer le contexte politique dans lequel s’inscrit la visite. Deux semaines plus tôt, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron avait vivement critiqué la situation à Gaza et les violences en Cisjordanie, évoquant un « spectacle qui nous fait honte à tous » et réaffirmant son soutien à la création d’un État palestinien. Le bureau du Premier ministre israélien avait répondu avec virulence, qualifiant certaines déclarations du président français d’« absurdité grotesque » et l’accusant de minimiser les actions du Hamas en Cisjordanie.
La visite de Barrot s’inscrit donc dans une relation franco-israélienne particulièrement tendue. Certains observateurs y voient néanmoins un geste d’apaisement, Paris cherchant à maintenir un lien avec Israël tout en continuant de défendre publiquement une solution à deux États et de dénoncer la situation humanitaire dans les territoires palestiniens.

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.