Lors d’une conférence aux investisseurs, SpaceX a dévoilé de nouveaux objectifs de cadence pour son lanceur Starship, tout en révélant un pivot stratégique marqué vers les services de données et l’intelligence artificielle.
Le discours a changé. Là où SpaceX évoquait volontiers la colonisation de Mars et l’avenir de l’humanité dans l’espace, la société d’Elon Musk consacre désormais l’essentiel de ses communications à l’intelligence artificielle et aux infrastructures de calcul nécessaires à son développement. Lors d’un appel aux résultats organisé mardi, les dirigeants de l’entreprise ont présenté des plans visant à déployer jusqu’à 10 gigawatts de puissance de calcul d’ici 2027, au sol dans un premier temps.
Ce repositionnement ne signifie pas pour autant que Starship est relégué au second plan. Le lanceur géant reste au cœur de la stratégie à long terme de SpaceX, qui entend à terme déployer une constellation de centres de données orbitaux baptisée « Starmind », en complément du réseau d’accès à Internet Starlink déjà en service. Pour y parvenir, la société a besoin d’un rythme de lancements soutenu, et c’est précisément ce qu’Elon Musk et la présidente et directrice des opérations Gwynne Shotwell ont détaillé lors de cet appel.
SpaceX entend tenter de rattraper le lanceur Starship en vol lors du prochain essai, une manœuvre déjà réalisée avec succès pour le booster Super Heavy. L’objectif affiché est d’atteindre un rythme de lancement hebdomadaire d’ici le début de l’année 2027. De nouveaux objectifs de performance pour le véhicule ont également été communiqués, sans que les détails techniques précis n’aient été rendus publics à ce stade.
Ce virage vers l’intelligence artificielle illustre la transformation profonde de SpaceX, qui se définit de plus en plus comme une société de données et d’infrastructures numériques, dont les activités spatiales constituent le socle technologique plutôt que la finalité première.

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