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Titres-restaurant : une proposition de loi ravive la guerre entre restaurateurs et grande distribution

Titres-restaurant : une proposition de loi ravive la guerre entre restaurateurs et grande distribution
Titres-restaurant : une proposition de loi ravive la guerre entre restaurateurs et grande distribution

Une proposition de loi examinée ce lundi à l’Assemblée nationale cherche à redéfinir les règles d’utilisation des titres-restaurant, en arbitrant entre les intérêts des professionnels de la restauration et ceux de la grande distribution.

Depuis leur création en 1962 par l’entrepreneur Jacques Borel, les titres-restaurant ont progressivement débordé de leur vocation initiale : assurer le repas de midi des salariés. Ticket Restaurant, Chèque Déjeuner, Pass Restaurant, ces instruments de paiement représentent aujourd’hui un enjeu économique considérable, disputé entre deux secteurs aux intérêts radicalement opposés. D’un côté, les restaurateurs, qui y voient un levier de clientèle qui leur est historiquement destiné. De l’autre, la grande distribution, qui a su capter une part croissante de ces flux financiers depuis que leur usage a été étendu aux achats alimentaires en supermarché.

C’est précisément cette extension qui cristallise les tensions. Autorisée à titre temporaire, la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour acquérir des produits alimentaires non directement consommables arrive à échéance le 31 décembre 2026. La proposition de loi portée par Christophe Naegelen, député des Vosges et président du groupe Liot, adoptée en commission le 7 octobre, entend trancher : rendre cet usage permanent, tout en réservant la majeure partie des dépenses au secteur de la restauration. Le texte pourrait notamment introduire une différenciation des plafonds de dépenses selon le type d’établissement concerné.

Plafonds de dépenses, le cœur du débat

La question du plafond est au cœur des discussions parlementaires. Fixer un seuil plus bas pour les achats en grande surface reviendrait à protéger les restaurateurs d’une concurrence jugée déloyale, tout en préservant un avantage pour les salariés qui souhaitent conserver la liberté de faire leurs courses. Les défenseurs du statu quo, notamment du côté de la distribution, font valoir que cette souplesse représente un gain de pouvoir d’achat réel pour les travailleurs, argument d’autant plus audible dans un contexte de tension persistante sur les budgets des ménages. Les restaurateurs, eux, rappellent que le dispositif a été conçu pour soutenir leur secteur, et non pour subventionner les rayons alimentaires des hypermarchés.

Le débat qui s’ouvre dans l’hémicycle du Palais Bourbon illustre la difficulté à concilier des logiques contradictoires : un outil social pensé pour le salarié, un instrument de soutien sectoriel revendiqué par la restauration, et une manne commerciale que la grande distribution entend ne pas abandonner sans résistance.

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