La Banque centrale européenne s’apprête à franchir le pas jeudi en relevant ses taux directeurs, une décision qui la placerait en tête des grandes institutions monétaires mondiales face à la poussée inflationniste. L’inflation a atteint 3,2% en mai dans la zone euro, alimentée par les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz qui perturbe les approvisionnements énergétiques. Le taux de dépôt, principal instrument de la politique monétaire européenne, devrait être augmenté d’un quart de point selon les anticipations des marchés.
Un contexte économique fragilisé
Cette hausse intervient dans un contexte économique délicat pour la zone euro, dont la croissance montre des signes d’essoufflement marqués. La BCE se trouve face à un dilemme complexe : combattre l’inflation sans étouffer davantage une activité économique déjà fragile. Les analystes s’interrogent sur la capacité de l’institution à poursuivre ce resserrement monétaire dans les mois à venir, tant la conjoncture européenne apparaît dégradée.
Une stratégie monétaire incertaine
L’incertitude demeure quant à l’ampleur du cycle de hausse que la BCE entend mener. Si le relèvement de jeudi semble acté, la suite de la stratégie monétaire reste floue. Les marchés scruteront les déclarations de Christine Lagarde pour déceler les intentions de l’institution face à un environnement où l’inflation persistante se conjugue avec une activité atone, un cocktail redoutable pour les décideurs monétaires.
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