Jürgen Klopp a signé une sortie très dure contre les pauses fraîcheur instaurées pendant cette Coupe du monde. L’ancien entraîneur de Liverpool vise ce que ces interruptions sont en train de devenir : des coupures intégrées au match, qui ne sont en fait que de grossiers prétextes pour ajouter des spots publicitaires, comme nous le dénoncions dans Entrevue.
Selon lui, le football est désormais « pris en otage par des dirigeants installés dans des bureaux climatisés ». Derrière une mesure officiellement pensée pour le bien-être des joueurs, Klopp voit une dérive commerciale : une pause vendue comme un bouclier contre la chaleur, mais utilisée comme une fenêtre supplémentaire pour les sponsors. L’ancien entraîneur vise surtout l’usage télévisuel et commercial de ces arrêts. À ses yeux, le problème n’est pas l’hydratation des joueurs, mais le fait que ces pauses deviennent des séquences parfaitement exploitables par les diffuseurs et les annonceurs, au détriment du rythme du match.
Klopp a ainsi déclaré : « Le football est pris en otage par des dirigeants installés dans des bureaux climatisés. Elles sont présentées comme un bouclier pour le bien-être des joueurs, une noble épée contre la chaleur. Ce n’est en réalité qu’une cage dorée construite pour les sponsors. Quand j’ai vu les joueurs rester plantés là pendant une pause fraicheur alors que les temps morts télévisés dictaient le rythme du match, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander : à qui la Coupe du monde sert-elle vraiment ? Aux supporters ? Aux joueurs ? Ou aux annonceurs ?
Un match de Coupe du monde devrait couler comme une rivière. Au lieu de cela, nous construisons des barrages en plein milieu pour que les publicités puissent passer. C’est dangereux pour l’esprit du jeu. Le football était autrefois l’événement principal, mais il risque désormais de devenir la musique de fond d’un spectacle publicitaire. »
Une critique directe du football découpé pour la télévision
La sortie de Klopp vise l’installation de temps morts dans un sport qui repose traditionnellement sur la continuité. Le football se distingue justement par son rythme fluide, ses longues phases de jeu sans interruption et son imprévisibilité. Avec ces pauses fraîcheur, le match s’arrête à un moment déterminé à l’avance. Les joueurs restent sur le terrain. Le public attend. La télévision, elle, dispose d’un espace exploitable. C’est cette mécanique que Klopp dénonce : une mesure présentée comme sanitaire peut devenir, dans les faits, une coupure publicitaire intégrée au match, et casser le rythme de la rencontre. Une dérive dangereuse pour le football…