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Présenté comme un film à Oscars, «Digger», avec Tom Cruise, vire au fiasco: Warner Bros pourrait perdre jusqu’à 245 millions de dollars

Présenté comme un film à Oscars, «Digger», avec Tom Cruise, vire au fiasco: Warner Bros pourrait perdre jusqu’à 245 millions de dollars
Présenté comme un film à Oscars, «Digger», avec Tom Cruise, vire au fiasco: Warner Bros pourrait perdre jusqu’à 245 millions de dollars

Ce devait être l’un des grands événements cinématographiques de l’année et peut-être le film qui permettrait enfin à Tom Cruise de décrocher un Oscar d’interprétation. Mais Digger, réalisé par Alejandro González Iñárritu, connaît un échec commercial retentissant. Après seulement 2 week-ends d’exploitation, le long métrage n’a rapporté que 35,3 millions de dollars dans le monde, alors que son coût total pourrait approcher les 280 millions. Les dernières projections évoquent désormais des pertes pouvant atteindre 245 millions de dollars pour Warner Bros, ce qui placerait le film parmi les plus gros fiascos financiers de l’histoire récente d’Hollywood.

Un démarrage catastrophique, puis une chute de 60% au box-office

Sorti le 30 septembre en France et le 2 octobre aux États-Unis, Digger a immédiatement déçu les attentes. Pour son premier week-end, le film n’a récolté que 8 millions de dollars en Amérique du Nord et 20 millions à l’échelle mondiale. Il s’agit du plus mauvais démarrage américain pour un film porté par Tom Cruise depuis Lions et Agneaux, sorti en 2007.

La deuxième semaine n’a rien arrangé. Les recettes américaines du week-end ont chuté de 60%, tombant à seulement 3,2 millions de dollars. Au 12 octobre, le film totalise 14,4 millions de dollars en Amérique du Nord et 35,3 millions dans le monde, des chiffres extrêmement faibles pour une production de cette envergure.

Les projections les plus pessimistes envisagent désormais des recettes mondiales finales proches de 50 millions de dollars. Même si le film doit encore poursuivre son exploitation en salles, ses résultats rendent pratiquement impossible un remboursement de son investissement par le seul box-office.

Jusqu’à 280 millions de dollars dépensés et un gouffre financier pour Warner Bros

Initialement annoncé à 125 millions de dollars, le budget de production de Digger aurait considérablement augmenté. Plusieurs estimations professionnelles situent désormais son coût réel entre 160 et 180 millions de dollars, notamment en raison des retards de production. À cette somme s’ajoutent environ 100 millions de dollars consacrés à la promotion et à la distribution.

L’investissement global pourrait ainsi atteindre 260 à 280 millions de dollars. Et contrairement à une idée répandue, les recettes du box-office ne reviennent pas intégralement aux studios, puisque les exploitants de salles en conservent une part importante. Warner Bros aurait donc besoin d’un succès commercial considérable pour couvrir ses dépenses.

Selon les estimations, Digger devrait rapporter entre 300 et 350 millions de dollars dans le monde pour atteindre son seuil de rentabilité en salles. Warner Bros avance le seuil le plus bas, tandis que d’autres calculs le situent autour de 350 millions de dollars.

Les premières évaluations envisageaient des pertes comprises entre 150 et 200 millions de dollars. Les projections les plus sévères évoquent maintenant 245 millions de dollars, même si ce montant reste une estimation et non une perte définitivement comptabilisée. Les futures recettes issues de la vidéo à la demande, de la télévision et du streaming permettront de réduire une partie du déficit, sans probablement suffire à inverser le résultat financier.

Un film ambitieux qui divise la critique et peine à convaincre les spectateurs

Avec Digger, Tom Cruise prend ses distances avec les films d’action qui ont assuré son succès international. L’acteur de 64 ans incarne Digger Rockwell, un milliardaire américain du pétrole, vieillissant, mégalomane et responsable d’une catastrophe environnementale qu’il prétend ensuite vouloir empêcher. Le récit prend la forme d’une comédie noire mêlant satire politique, crise climatique et critique du pouvoir économique.

Pour ce personnage, Tom Cruise a subi une transformation physique spectaculaire, avec cheveux blancs, prothèses et silhouette alourdie. Le film réunit également Sandra Hüller, Riz Ahmed, John Goodman, Jesse Plemons et Michael Stuhlbarg.

Le résultat divise fortement les critiques. Sur Rotten Tomatoes, le film n’obtient que 53% d’avis positifs parmi 320 critiques recensées, avec des reproches portant notamment sur son scénario, son humour et son ton jugé excessif. Certains professionnels saluent néanmoins son audace et la prestation de Cruise, tandis que d’autres dénoncent une satire laborieuse et prétentieuse.

L’accueil du public est plus nuancé que ne le laissent penser les chiffres du box-office. Le film conserve 74% d’avis positifs auprès des spectateurs vérifiés de Rotten Tomatoes, mais les enquêtes réalisées à la sortie des salles américaines lui attribuent la note C+ de CinemaScore. Pour une production de cette ampleur, cette appréciation traduit un bouche-à-oreille insuffisant pour soutenir durablement sa fréquentation.

Warner Bros a tenté de retourner les mauvaises critiques à son avantage en lançant une campagne publicitaire invitant les spectateurs à « décider par eux-mêmes ». La stratégie, qui reprenait volontairement certains jugements négatifs, n’a pas réussi à relancer les ventes de billets.

Tom Cruise rêvait de son premier Oscar d’interprétation

Le projet avait pourtant tout pour occuper une place importante dans la prochaine saison des récompenses. Alejandro González Iñárritu possède un palmarès prestigieux, notamment grâce à Birdman et The Revenant, tandis que Tom Cruise cherchait depuis longtemps à obtenir une récompense compétitive de l’Académie des Oscars.

L’acteur a déjà été nommé à 3 reprises pour ses interprétations dans Né un 4 juillet, Jerry Maguire et Magnolia, sans jamais remporter la statuette. Il a également reçu un Oscar d’honneur en 2025, récompensant sa contribution à l’industrie cinématographique.

Avec son personnage extravagant et sa métamorphose physique, Digger était considéré comme un candidat possible aux Oscars 2027, notamment dans la catégorie du meilleur acteur. Mais les mauvaises critiques et le désastre commercial compliquent désormais sérieusement sa campagne. Une nomination reste envisageable, les résultats financiers d’un film n’étant pas un critère déterminant pour les votants de l’Académie.

L’échec représente aussi un revers pour une star dont la carrière repose largement sur des réussites populaires comme Top Gun: Maverick et Mission: Impossible. Tom Cruise évoquait encore son goût pour les cascades et le spectacle cinématographique, un registre très éloigné de la satire politique proposée par Iñárritu.

Une catastrophe supplémentaire pour Warner Bros, en pleine restructuration

Le naufrage de Digger tombe à un moment délicat pour Warner Bros, dont plusieurs productions de 2026 ont déjà enregistré des résultats décevants. The Bride!, réalisé par Maggie Gyllenhaal, et Supergirl, produit par DC Studios, figurent parmi les déconvenues commerciales de l’année. Aucun des films sortis par Warner Bros en 2026 n’a encore franchi la barre des 100 millions de dollars au box-office nord-américain.

Le studio traverse parallèlement une profonde réorganisation. Le 2 octobre, jour de la sortie américaine de Digger, Michael De Luca et Pamela Abdy ont quitté leurs fonctions à la tête de la division cinéma. Quatre jours plus tard, le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount a été finalisé, entraînant la constitution d’un nouvel ensemble sous le nom de Skydance.

Digger restera ainsi comme l’une des dernières sorties de Warner Bros avant cette opération. Le contraste est saisissant avec 2025, année durant laquelle le studio avait accumulé les succès, notamment grâce à Minecraft, le film, Sinners et F1.

Si les pertes atteignent finalement 245 millions de dollars, Digger rejoindra le cercle très fermé des échecs hollywoodiens ayant englouti plus de 200 millions de dollars. Pour Tom Cruise, le film représente l’un des plus mauvais résultats commerciaux de sa carrière. Pour Warner Bros, il pourrait laisser une facture historique, à quelques mois d’une cérémonie des Oscars dont le film était pourtant présenté comme l’un des prétendants sérieux.

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