À 81 ans, Pierre Arditi ne cache pas sa peur de la maladie d’Alzheimer. Le comédien, dont le père est décédé après avoir été atteint de cette pathologie, reconnaît redouter de connaître le même sort. Pourtant, il refuse de se soumettre à un test génétique destiné à rechercher certaines prédispositions à la maladie. Une décision qu’il assume alors qu’il incarne actuellement au théâtre un homme dont la mémoire et les repères disparaissent progressivement.
« On n’a pas envie de finir comme ça » : la peur de Pierre Arditi
Interrogé par TéléStar sur ses inquiétudes personnelles face à la maladie d’Alzheimer, Pierre Arditi reconnaît ouvertement son angoisse : « Oui car on n’a pas envie de finir comme ça ». Le comédien a vécu la maladie de son père, le peintre Georges Arditi, décédé à 97 ans après avoir développé des troubles cognitifs à un âge avancé.
Cette expérience familiale a profondément marqué l’acteur. Il connaît les conséquences de cette maladie neurodégénérative, qui entraîne notamment une détérioration progressive de la mémoire, des capacités de raisonnement et de l’autonomie. Malgré cette histoire personnelle et les inquiétudes qu’il exprime, Pierre Arditi ne souhaite pas connaître son éventuelle prédisposition génétique.
À la question de savoir s’il accepterait de passer un test génétique, sa réponse est catégorique : « Inutile de vous dire que je ne le passerai pas ». Il ne développe pas davantage les raisons médicales ou personnelles de cette décision, mais confirme qu’il préfère ne pas réaliser cet examen.
Son père atteint d’Alzheimer : des souvenirs douloureux
Pierre Arditi a déjà raconté à plusieurs reprises les dernières années de son père. Atteint de la maladie d’Alzheimer, celui-ci avait progressivement perdu ses repères et développé une perception de la réalité différente de celle de ses proches.
Le comédien a notamment évoqué un épisode au cours duquel son père lui avait expliqué que la reine Élisabeth II l’attendait dans le jardin de la Maison des artistes, à Nogent-sur-Marne, pour lui acheter un tableau. Dans un premier temps, Pierre Arditi avait tenté de le ramener à la réalité, avant de comprendre que cette attitude pouvait le déstabiliser et le blesser.
Il a également raconté avec émotion l’un de leurs derniers échanges. Alors qu’il venait lui rendre visite après plusieurs semaines d’absence en raison de ses tournages, son père l’avait accueilli en l’appelant « Fiston ». Ce souvenir est resté profondément ancré dans sa mémoire.
Dans « Le Père », Pierre Arditi retrouve la maladie qui a frappé sa famille
Depuis le 24 septembre 2026, Pierre Arditi joue au théâtre Édouard VII, à Paris, dans Le Père, une pièce écrite et mise en scène par Florian Zeller. Il partage notamment l’affiche avec Isabelle Carré, également réalisatrice du film Les Rêveurs.
Dans cette œuvre, le comédien interprète André, un homme vieillissant qui perd progressivement ses repères. Il ne reconnaît plus toujours les personnes qui l’entourent, doute de ce qu’il voit et refuse l’aide de sa fille. Le spectateur découvre la désorientation du personnage à travers une réalité qui se transforme au fil de la représentation.
Pour Pierre Arditi, ce rôle possède une dimension très personnelle. Il lui rappelle directement les dernières années de son père et les bouleversements provoqués par la maladie au sein de sa famille. L’acteur décrit cette expérience théâtrale comme « très bouleversante ».
La pièce, créée initialement en 2012, a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique réalisée par Florian Zeller. Sorti sous le titre The Father, le film a notamment permis à Anthony Hopkins de remporter l’Oscar du meilleur acteur en 2021.
Alzheimer : un parent malade signifie-t-il que l’on développera la maladie ?
Le refus de Pierre Arditi concerne un test génétique, un examen qui ne doit pas être confondu avec les tests utilisés pour rechercher des troubles de la mémoire ou établir un diagnostic de maladie d’Alzheimer.
Il existe des facteurs génétiques qui augmentent la probabilité de développer cette pathologie. Toutefois, avoir un père ou une mère atteint d’Alzheimer ne signifie pas que l’on développera nécessairement la maladie. Selon l’Assurance maladie, lorsqu’un parent du premier degré est atteint, le risque de développer Alzheimer est multiplié par environ 1,5, sans que cela constitue une certitude.
Les formes familiales précoces et directement héréditaires ne représentent qu’environ 1 à 2% des cas. Elles sont généralement associées à une apparition bien plus précoce des symptômes. Dans les formes les plus courantes, qui apparaissent à un âge avancé, la maladie résulte de plusieurs facteurs, notamment l’âge, les prédispositions génétiques et l’environnement.
Un test génétique ne permet donc pas, dans la majorité des situations, de prédire avec certitude si une personne développera Alzheimer. La recherche de mutations responsables de formes héréditaires rares relève d’une démarche médicale spécialisée.
À 81 ans, Pierre Arditi continue de multiplier les projets
Né le 1er décembre 1944, Pierre Arditi poursuit sa carrière sur les planches et à la télévision. Promu commandeur de la Légion d’honneur le 14 juillet 2026, le comédien reste très actif malgré son âge et les problèmes de santé qu’il a rencontrés ces dernières années.
Il sera également à l’affiche du téléfilm Un petit air de bonheur, diffusé le mardi 20 octobre à 21h10 sur France 3 et disponible dès le 15 octobre sur france.tv. Aux côtés de Laurent Gerra, il incarne Jérôme, un pianiste et compositeur qui quitte Paris pour retourner vivre à Lyon, sa ville natale.
Le comédien reconnaît désormais ressentir plus fortement le passage du temps. Il regarde son passé avec nostalgie et mesure les années qui lui restent, sans envisager pour autant de renoncer à son métier. Sa peur de la maladie d’Alzheimer demeure, tout comme son refus de passer un test génétique pour en évaluer le risque.

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