Le réalisateur Tony Gatlif est mort à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille vendredi 4 septembre. Le cinéaste s’est éteint à Arles à la suite d’un problème de santé, alors qu’il préparait encore un film historique. Récompensé à Cannes et notamment connu pour Gadjo Dilo, il laisse derrière lui une œuvre singulière, traversée par l’exil, la musique, la liberté et la culture gitane.
Né en 1948 à Alger d’un père kabyle et d’une mère gitane, Tony Gatlif avait rejoint la France à l’âge de 12 ans. Cette rupture précoce, vécue dans le chaos des départs d’Algérie, a profondément nourri son cinéma. Après avoir connu l’errance et la violence, il avait adopté le nom de Gatlif lors d’un contrôle de police, en référence à un parc algérois, afin d’éviter un renvoi vers son pays natal.
Une œuvre libre, musicale et profondément sociale
De Latcho Drom à Exils, en passant par Gadjo Dilo, Liberté, Geronimo ou Tom Medina, Tony Gatlif a raconté des communautés souvent reléguées à la périphérie des regards. Ses films mêlaient fréquemment récit initiatique, énergie musicale et observation sociale. En 2004, Exils lui avait valu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes, consacrant un cinéaste dont le style brut échappait volontiers aux formats traditionnels.
Son dernier long-métrage, Ange, était sorti en 2025 et portait encore cette aspiration à filmer les chemins de traverse. Tony Gatlif aura également joué un rôle important dans le parcours de Romain Duris, qu’il dirigea dans Gadjo Dilo en 1997. L’acteur lui a rendu hommage avec ces mots en romani : « Latcho drom, moro dad », soit « bonne route, mon père ». La ministre de la Culture Catherine Pégard a, elle, salué un réalisateur capable de saisir « la musique, le mouvement, l’exil et la liberté » avec une énergie qui lui était propre.

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