Invité de franceinfo ce jeudi matin, Bernard Cazeneuve a sévèrement critiqué la primaire organisée à gauche autour du Parti socialiste et de Place publique. L’ancien Premier ministre, qui a quitté le PS après son alliance avec La France insoumise, refuse d’y participer et dénonce un processus qui, selon lui, nourrit davantage les divisions que l’unité.
Interrogé sur la candidature de Raphaël Glucksmann et sur la possibilité de le soutenir, Bernard Cazeneuve a d’abord rappelé les raisons de son départ du Parti socialiste il y a quatre ans. « Le Parti socialiste s’est allié avec La France insoumise, et cette alliance m’apparaissait comme une faute morale majeure », a-t-il expliqué, assurant avoir alors pris ses responsabilités « seul ».
« Un climat de règlement de comptes »
Pour l’ancien locataire de Matignon, les événements actuels lui donnent raison. « Nous sommes dans un climat de règlement de comptes dans le cadre d’une primaire mortifère », a-t-il déploré. Une primaire qu’il juge « mortifère » parce qu’elle « ne crée pas les conditions de l’unité, mais celles de la division et de la confrontation ». Cazeneuve évoque également des « pièges » omniprésents et des « déclarations fiéleuses » qui se multiplient entre les différents camps.
À plusieurs reprises, les journalistes de franceinfo ont tenté de savoir s’il considérait cette primaire comme un piège pour Raphaël Glucksmann. Bernard Cazeneuve a refusé de trancher directement : « Je ne veux pas y participer. » Il assure souffrir du spectacle donné par le Parti socialiste, qu’il décrit toujours comme sa « famille de cœur », mais refuse de contribuer à ce qu’il qualifie d’« abaissement ».
Cazeneuve refuse de choisir entre Glucksmann et Hollande
L’ancien Premier ministre ne participera donc ni à la campagne ni au vote. « C’est paradoxal de dire que ça ne fonctionne pas et de légitimer l’opération en y participant », estime-t-il. Interrogé sur Raphaël Glucksmann ou François Hollande, dont les ambitions pour 2027 alimentent les spéculations, Cazeneuve a également refusé de prendre parti.
Il assure vouloir rester à distance de « l’auto-promotion quotidienne » et des passages répétés sur les plateaux de télévision. Et lorsqu’on lui demande si François Hollande cherche à fragiliser Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve refuse encore de commenter : « J’ai décidé de rester en dehors de tout cela pour ne pas alimenter cette machine à division. » Une façon, pour l’ancien Premier ministre, de marquer encore davantage sa rupture avec la stratégie actuellement suivie par son ancienne famille politique.

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