Fabien Roussel refuse de laisser Jean-Luc Mélenchon imposer seul le récit de l’unité à gauche. À la Fête de l’Humanité, le candidat communiste a défendu une autre stratégie : plutôt qu’un rassemblement électoral autour d’un homme, il veut construire une mobilisation populaire dans la rue et dans les entreprises.
Alors que La France insoumise multiplie les appels au rassemblement derrière Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel a choisi de répondre sur un tout autre terrain.
« À tous ceux qui me parlent d’unité, la seule unité qui compte est l’unité du peuple de France », a lancé le secrétaire national du Parti communiste à la Fête de l’Humanité.
La formule résume la ligne qu’il veut installer pour 2027. Roussel refuse désormais de réduire la question de l’unité à celle d’une candidature commune de la gauche. Il préfère parler de rassemblement social, autour des salaires, du pouvoir d’achat, de l’industrie ou encore des services publics.
Les ronds-points avant les accords d’appareil
Le communiste a d’ailleurs appelé ses soutiens à investir les ronds-points, les préfectures, les ministères ou encore les sièges de grandes entreprises pour imposer leurs revendications.
La veille, il avait déjà exclu catégoriquement de se retirer au profit de Jean-Luc Mélenchon. Interrogé sur cette possibilité, il avait répondu : « Jamais ».
La fracture stratégique devient donc de plus en plus nette. Mélenchon veut convaincre la gauche que le vote utile doit se concentrer autour de sa candidature ; Roussel veut au contraire démontrer qu’une candidature communiste peut élargir l’électorat de gauche au-delà du socle insoumis.
À sept mois du scrutin, les deux hommes se disputent désormais autant la définition de l’unité que le leadership de la gauche.

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