Fabien Roussel veut freiner le réarmement français. Invité de BFMTV-RMC ce mercredi matin, le secrétaire national du Parti communiste français a estimé que l’effort consacré à la défense pesait désormais trop lourdement sur l’économie. « Je préfère qu’on investisse dans les hôpitaux, les écoles et nos agriculteurs plutôt que de construire des bombes », a-t-il déclaré.
« L’Otan veut nous emmener dans un conflit de haute intensité »
Le dirigeant communiste appelle ainsi à « mettre un stop sur l’économie de guerre » et au « surarmement de la France ». Une position qu’il justifie d’abord par ses conséquences budgétaires : selon lui, l’effort militaire est devenu « trop pesant sur notre économie » et détourne des moyens qui pourraient être consacrés aux services publics ou à l’agriculture.
Fabien Roussel met également directement en cause la stratégie de l’Alliance atlantique. « L’Otan veut nous emmener dans un conflit de haute intensité », a-t-il affirmé. Une lecture qui tranche avec la politique de renforcement des capacités militaires défendue par la France et plusieurs de ses partenaires européens dans un contexte de fortes tensions internationales.
Le secrétaire national du PCF établit par ailleurs un lien entre les conflits internationaux et les difficultés économiques rencontrées par les Français. La guerre « contribue », selon lui, « à faire monter les prix de l’énergie » et à « nous priver du gaz russe ».
Roussel appelle à « de grandes mobilisations dans la rue »
Cette critique du réarmement s’inscrit dans un discours plus large consacré au pouvoir d’achat. Face à la hausse des carburants, Fabien Roussel réclame un « état d’urgence énergétique » et propose notamment une baisse immédiate de la TVA sur l’énergie de 20 % à 5 %. Il apporte également son soutien aux blocages de dépôts pétroliers engagés dans plusieurs endroits du pays.
Le candidat communiste à la présidentielle refuse d’attendre le scrutin de 2027 pour obtenir des mesures. « Si le gouvernement n’entend pas et qu’il continue de proposer des remèdes douloureux, j’appelle à de grandes mobilisations dans la rue », a-t-il prévenu. Il évoque même la nécessité d’« une forme de révolution » dans les politiques économiques conduites actuellement, tout en précisant préférer que le gouvernement apporte des réponses permettant d’apaiser la colère sociale.
Sur le logement, Fabien Roussel a enfin vivement attaqué la proposition de Marine Le Pen d’instaurer une priorité nationale dans l’accès aux logements sociaux. Estimant qu’elle conduirait à distinguer des travailleurs selon leur nationalité, il a qualifié le dispositif de « forme d’apartheid ». Pour le dirigeant communiste, la priorité devrait plutôt être donnée à la construction de nouveaux logements afin d’augmenter l’offre disponible.

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