Le gouvernement prévoit de sanctuariser près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et 2,6 milliards pour la protection de l’enfance à partir de 2027. Des annonces accueillies favorablement par les associations, qui demandent toutefois que ces sommes correspondent à de véritables crédits supplémentaires.
La Fondation des femmes reste prudente
Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a salué mardi les annonces de Sébastien Lecornu, tout en appelant à attendre les arbitrages budgétaires. « Je le prends au mot », a-t-elle déclaré, estimant que le Premier ministre s’était dit ouvert à renforcer les moyens consacrés à la lutte contre les violences. Selon elle, ces engagements arrivent à un moment stratégique, alors que l’Assemblée nationale doit commencer l’examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles la semaine prochaine.
Matignon a toutefois précisé que les 1,5 milliard d’euros et 2,6 milliards annoncés ne constituaient pas de nouveaux crédits. Ces montants correspondent aux moyens déjà engagés en 2026, que le gouvernement souhaite sanctuariser en 2027. Leur maintien dépendra néanmoins du vote des budgets de l’État et de la Sécurité sociale. Pour Anne-Cécile Mailfert, le financement sera déterminant pour permettre l’application concrète de la future loi, notamment en matière de protection des victimes, d’accès aux soins et de prévention.
Osez le féminisme demande plus de 3 milliards supplémentaires
Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme, réclame pour sa part une hausse réelle des crédits. L’association souhaite que les nouveaux dispositifs prévus par les 68 articles de la loi intégrale bénéficient de financements spécifiques et supplémentaires. Elle chiffre cette demande à plus de 3 milliards d’euros additionnels.
Les associations se retrouvent ainsi face à un enjeu central dans les prochaines discussions budgétaires : maintenir les moyens déjà mobilisés tout en finançant les nouvelles mesures annoncées. Le gouvernement devra désormais traduire ses engagements dans les textes budgétaires de 2027, alors que l’examen parlementaire de la loi contre les violences sexistes et sexuelles doit débuter prochainement.

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