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«Ma vie n’a plus aucun sens»: Salah Abdeslam réclame encore la fin de son isolement strict et des parloirs sous hygiaphone

«Ma vie n’a plus aucun sens»: Salah Abdeslam réclame encore la fin de son isolement strict et des parloirs sous hygiaphone
«Ma vie n’a plus aucun sens»: Salah Abdeslam réclame encore la fin de son isolement strict et des parloirs sous hygiaphone

Salah Abdeslam demande une nouvelle fois un assouplissement de ses conditions de détention. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, le seul membre encore en vie des commandos est détenu au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Devant le tribunal administratif de Lille, il affirme avoir atteint un « point de bascule » et réclame la levée de son isolement ainsi que la fin des visites derrière un hygiaphone.

Il s’agit de sa cinquième demande de levée de l’isolement depuis le début de l’année. Salah Abdeslam, 36 ans, est soumis à un régime carcéral extrêmement strict. Il vit séparé des autres détenus et ses déplacements comme ses contacts sont étroitement encadrés. Ses conditions de détention font l’objet depuis plusieurs mois d’un bras de fer devant la justice administrative.

« Ma vie n’a plus aucun sens »

Lors de l’audience, le détenu a décrit des journées sans perspective et affirmé craindre de voir ses liens familiaux disparaître progressivement. Il met notamment en cause ses conditions de visite : ses proches doivent actuellement le rencontrer derrière un hygiaphone, une séparation transparente qui permet de parler mais interdit tout contact physique.

Salah Abdeslam affirme que cette situation décourage désormais certains membres de sa famille de venir le voir. « Ma vie n’a plus aucun sens », a-t-il déclaré devant le tribunal. Il assure également craindre de perdre ce qu’il présente comme le dernier lien qui lui reste avec l’extérieur.

Le hygiaphone rétabli après l’affaire de la clé USB

Les conditions de visite avaient été considérablement durcies après l’affaire de la clé USB introduite en détention. Des traces de connexion de plusieurs clés avaient été découvertes sur l’ordinateur auquel Salah Abdeslam avait accès. Des fichiers audio et vidéo liés à la propagande de l’État islamique et d’Al-Qaïda avaient notamment été retrouvés.

Son ex-compagne, Maëva B., a reconnu lui avoir remis une clé USB lors d’un parloir. À partir de novembre 2025, les visites ont alors été organisées derrière une vitre avec hygiaphone, supprimant tout contact direct avec les visiteurs.

En avril 2026, le tribunal administratif de Lille avait pourtant ordonné un retour à des parloirs sans séparation physique systématique, sans remettre en cause son placement à l’isolement. Mais la situation avait de nouveau évolué quelques semaines plus tard.

Des soupçons de menace contre le directeur de la prison

En juin, la justice avait finalement refusé un nouvel assouplissement après la production d’éléments supplémentaires par l’administration pénitentiaire. Salah Abdeslam était notamment soupçonné d’avoir demandé à un codétenu de retrouver l’adresse personnelle du directeur de Vendin-le-Vieil afin d’y envoyer « deux ou trois gars » et provoquer « une catastrophe ». Il conteste ces accusations.

L’administration avait également fait état de plusieurs incidents concernant des objets transmis au détenu hors des procédures autorisées. Pour le ministère de la Justice, ces épisodes imposent le maintien de mesures de sécurité exceptionnelles autour d’un détenu considéré comme particulièrement sensible.

Le ministère évoque une « radicalisation toujours latente »

Le ministère de la Justice s’oppose à une levée de l’isolement. Il affirme que des propos enregistrés pendant la nuit seraient « extrêmement tendancieux » et laisseraient apparaître une « radicalisation toujours latente ». L’administration pénitentiaire estime également qu’un transfert vers une détention centrale classique ne permettrait pas de garantir suffisamment sa sécurité et celle de l’établissement.

Cet été, Salah Abdeslam a protesté contre ses conditions de détention pendant 37 jours en refusant de regagner son fonctionnement carcéral habituel. Il a finalement retrouvé sa cellule à la fin du mois d’août.

Le tribunal administratif de Lille doit désormais trancher cette nouvelle demande. La décision est attendue dans les huit jours suivant l’audience. En attendant, Salah Abdeslam reste à l’isolement à Vendin-le-Vieil et continue de recevoir ses visiteurs derrière un hygiaphone.

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