Ils ont grandi avec Internet avant de s’imposer dans les salles obscures. En quelques semaines, Backrooms de Kane Parsons et Obsession de Curry Barker se sont transformés en phénomènes inattendus au box-office. Ces deux premiers longs-métrages réalisés par d’anciens créateurs de contenus illustrent l’émergence d’un nouveau cinéma d’horreur qui puise son inspiration dans les codes, les univers et les peurs nés en ligne.
Des univers créés sur Internet devenus des succès en salles
À 20 ans, Kane Parsons fait figure de symbole de cette nouvelle génération. Avant le cinéma, il s’était fait connaître sur YouTube grâce à sa série The Backrooms (Found Footage), lancée alors qu’il n’avait que 16 ans. Son film Backrooms reprend l’univers des « backrooms », ces espaces labyrinthiques aux allures de bureaux vides devenus au fil des années une véritable légende d’Internet.
Le long-métrage raconte l’histoire de Clark, gérant d’un magasin de meubles qui découvre un passage vers cet univers parallèle avant de s’y perdre peu à peu. Selon Le HuffPost, le film a été produit pour environ 10 millions de dollars et aurait déjà généré 250 millions de recettes aux États-Unis, devenant le plus gros succès du studio A24. Porté par Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, il mise davantage sur une tension progressive et une atmosphère dérangeante que sur les effets de peur traditionnels.
Une nouvelle façon de faire peur au jeune public
Dans un registre plus intime, Obsession de Curry Barker confirme cette même évolution. Le film suit Bear, un jeune homme prêt à tout pour que son amie Nikki tombe amoureuse de lui. À travers cette intrigue, le réalisateur détourne des préoccupations très contemporaines autour du désir, de l’obsession et des relations idéalisées.
Le succès de ces deux œuvres montre surtout que le cinéma d’horreur change de terrain. Là où Hollywood misait souvent sur des franchises ou des mécaniques éprouvées, cette nouvelle génération de réalisateurs privilégie des imaginaires déjà familiers du public : vidéos YouTube, récits participatifs, esthétique du faux amateur et peur diffuse. Des références qui parlent directement à des spectateurs élevés dans la culture Internet et qui semblent aujourd’hui capables de remplir les salles autant que les productions traditionnelles.
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