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F1 – Lewis Hamilton dézingue Charles Leclerc: «J’aurais pu lui rentrer dedans en mode plongée suicidaire. Il a 28 ans, c’est une question de mentalité»

F1 - Lewis Hamilton dézingue Charles Leclerc: «Il a 28 ans, c’est une question de mentalité. J'aurais pu lui rentrer dedans en mode plongée suicidaire»
F1 - Lewis Hamilton dézingue Charles Leclerc: «Il a 28 ans, c’est une question de mentalité. J'aurais pu lui rentrer dedans en mode plongée suicidaire»

Lewis Hamilton a sévèrement attaqué Charles Leclerc après le Grand Prix du Mexique, disputé dimanche 1er novembre. Furieux d’avoir laissé échapper une victoire qu’il estimait à la portée de Ferrari, le septuple champion du monde a directement mis en cause la mentalité de son coéquipier. Le Britannique a dénoncé son comportement en piste, rappelé ses anciennes rivalités avec Carlos Sainz et accusé le Monégasque de privilégier systématiquement ses intérêts personnels au détriment de ceux de l’écurie italienne. Des déclarations particulièrement dures, alors que les tensions entre les deux pilotes ne cessent de monter.

Un premier tour catastrophique qui coûte la victoire à Ferrari

Lewis Hamilton avait pourtant abordé la course dans les meilleures conditions. Le Britannique avait décroché sa première pole position avec Ferrari lors des qualifications, retrouvant la première place sur une grille de départ pour la première fois depuis trois ans. Charles Leclerc s’élançait de la troisième position, offrant à la Scuderia une excellente occasion de viser la victoire, voire le doublé.

Mais dès le premier tour, les deux hommes se sont livré une bataille acharnée. Après avoir attaqué Hamilton, Leclerc a quitté la piste au quatrième virage, coupant par l’herbe pour prendre la tête. Le Britannique, lui aussi sorti des limites de la piste, a perdu sa deuxième position au profit de Max Verstappen. Les commissaires ont finalement infligé cinq secondes de pénalité au Monégasque pour avoir gagné un avantage en dehors du circuit.

Cette sanction a permis à Verstappen de récupérer la tête lorsque Leclerc s’est arrêté aux stands pour purger sa pénalité. Le Néerlandais a ensuite conservé son avantage jusqu’à l’arrivée, malgré la pression exercée par Hamilton dans les derniers tours. Ferrari a dû se contenter des deuxième et quatrième places, alors que ses pilotes avaient occupé les 2 premières positions au début de la course.

Hamilton rappelle les affrontements entre Leclerc et Sainz

Après l’arrivée, Hamilton n’a pas caché son exaspération. Interrogé sur l’attitude de son coéquipier, il a rappelé les rivalités qu’il avait observées entre Leclerc et Carlos Sainz lorsqu’il évoluait encore chez Mercedes. Le Britannique a expliqué avoir déjà constaté que leurs affrontements pouvaient profiter à leurs adversaires, même lorsque Ferrari disposait d’une voiture capable de gagner.

Lewis Hamilton a ainsi déclaré : « Avant de rejoindre cette équipe, alors que j’étais encore chez Mercedes, j’ai été témoin à maintes reprises de la rivalité entre Charles et Carlos. Il y avait tant de courses où ils se battaient tellement l’un contre l’autre que l’adversaire devant creusait l’écart et s’envolait, alors qu’en réalité ils avaient le rythme pour gagner la course. »

Cette comparaison avec Carlos Sainz, remplacé par Hamilton chez Ferrari en 2025, montre que le Britannique estime avoir identifié depuis plusieurs années un problème dans la manière dont Leclerc aborde les duels avec ses propres coéquipiers.

« Soit je gagne, soit aucun de nous deux ne gagne »

Hamilton est ensuite allé beaucoup plus loin. À ses yeux, l’âge de Charles Leclerc, qui a fêté ses 28 ans en octobre, ne peut servir d’explication à son comportement. Le septuple champion du monde a directement mis en cause son état d’esprit, lui reprochant une approche individualiste incompatible avec la recherche d’un doublé pour Ferrari.

Ses propos ont été particulièrement sévères : « Cette situation est différente quand elle se produit pour une quatrième ou une cinquième place, et très différente quand elle se produit pour la première et la deuxième place et que vous perdez la victoire. C’est une question très sérieuse. Le gars a 28 ans, donc je ne pense pas du tout que ce soit une question d’âge ; c’est complètement une question de mentalité. C’est comme une attitude du genre « tout ou rien ». Genre « soit je gagne, soit aucun de nous deux ne gagne » ; et ça ne devrait absolument pas être comme ça. Ce sur quoi nous devrions vraiment nous concentrer, c’est d’obtenir ce doublé [première et deuxième place], ce qui serait quand même une sensation géniale. »

Le Britannique considère que son coéquipier a pris un risque inutile alors que les deux Ferrari pouvaient contrôler la course. Il estime également que Leclerc aurait dû lui rendre sa position après avoir coupé la piste, plutôt que de conserver la tête en attendant la décision des commissaires.

« À Silverstone, j’aurais pu lui rentrer dedans en mode plongée suicidaire »

Pour appuyer ses accusations, Hamilton a également pris l’exemple du Grand Prix de Grande-Bretagne, disputé le 5 juillet dernier. À Silverstone, Charles Leclerc avait remporté la course devant George Russell, tandis que Hamilton avait terminé troisième. Le Britannique a expliqué qu’il aurait pu adopter une attitude beaucoup plus agressive face à son coéquipier, au risque de ruiner les chances de Ferrari.

Hamilton a poursuivi : « À Silverstone, j’aurais pu moi aussi lui rentrer dedans en mode plongée suicidaire totale et nous mettre les deux hors course, ce qui nous aurait fait rater la victoire ; mais au lieu de ça, il y avait une chance de doublé en jeu, et je crois qu’on a réussi le doublé — ou était-ce un un-trois ? Je suis content que l’équipe ait vécu ça. Je crois qu’à l’avenir, on arrivera à un meilleur point sur ce sujet. »

Hamilton a ainsi rappelé avoir choisi de préserver les intérêts de Ferrari, même si cela impliquait de renoncer à une attaque particulièrement risquée. À Silverstone, l’écurie italienne avait finalement décroché la victoire et la troisième place, un résultat que le Britannique a défendu malgré son absence sur la plus haute marche du podium.

Ferrari sans règles claires entre ses deux pilotes

Au-delà du comportement de Leclerc, Hamilton a également dénoncé l’absence de consignes précises chez Ferrari concernant les affrontements entre coéquipiers. Selon lui, les deux pilotes auraient dû discuter avant le départ de la manière de gérer leur bataille dans les premiers virages, particulièrement sur un circuit où les dépassements sont difficiles.

Le Britannique a expliqué que Ferrari n’avait toujours pas établi de véritables règles d’engagement entre ses pilotes, malgré plusieurs incidents survenus depuis le début de la saison. Il a rappelé que leur responsabilité allait bien au-delà de leurs résultats individuels, puisque chaque décision prise en piste pouvait compromettre le travail des milliers de salariés de l’écurie.

Hamilton a donc réclamé des discussions sérieuses en interne. Il estime que Ferrari doit modifier sa gestion des affrontements entre ses pilotes pour éviter de perdre de nouvelles victoires. Le Britannique avait déjà demandé des règles plus claires après un précédent accrochage avec Leclerc lors du Grand Prix d’Italie, à Monza.

Leclerc reconnaît sa faute, mais répond à Hamilton

Charles Leclerc a reconnu que sa pénalité de cinq secondes était justifiée, tout en défendant son choix de conserver la tête après sa sortie de piste. Le Monégasque a expliqué que la situation était devenue confuse lorsque Max Verstappen s’était intercalé entre les deux Ferrari.

Leclerc a notamment expliqué : « La pénalité était méritée, d’une certaine manière. Le problème, c’est que nous avons tous les deux manqué le virage 4. Ensuite, je suis resté devant, puis Max a dépassé Lewis. J’ai demandé ce que je devais faire, et j’ai conservé ma position. » Selon lui, laisser repasser Hamilton alors que Verstappen occupait déjà la deuxième place aurait également compliqué la situation de Ferrari.

Le Monégasque a par ailleurs rappelé que son coéquipier ne lui avait pas fait de cadeau lors des premiers virages. « Je pourrais aussi être mécontent de la manière dont il m’a poussé hors de la piste au virage 1. Mais c’est la course. Quand on se bat pour la victoire, c’est comme ça. » Leclerc a indiqué qu’il discuterait avec Hamilton pour revenir sur leur affrontement.

Frédéric Vasseur furieux : Ferrari va convoquer ses pilotes

Le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, a lui aussi exprimé sa profonde frustration après ce résultat. Le Français a rappelé que l’écurie avait réalisé d’importants progrès techniques et que l’ensemble du personnel avait travaillé pour permettre aux deux pilotes de jouer la victoire au Mexique.

Vasseur a insisté sur le respect dû à Ferrari, à ses partenaires et aux quelque 2.000 personnes mobilisées autour du programme de Formule 1. Il a jugé particulièrement difficile d’accepter une victoire perdue dans ces circonstances et annoncé qu’il discuterait avec Hamilton et Leclerc afin de clarifier la situation.

Le Grand Prix du Mexique s’est finalement conclu par la victoire de Max Verstappen devant Hamilton et Kimi Antonelli, sacré champion du monde à seulement 20 ans. Leclerc a terminé quatrième, à plus de dix secondes du vainqueur.

Ferrari conserve la deuxième place du championnat des constructeurs, avec 124 points d’avance sur Red Bull. L’écurie retrouvera la compétition dès le dimanche 8 novembre, lors du Grand Prix de São Paulo, au Brésil, après les discussions annoncées entre Vasseur et ses deux pilotes.

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