La Formule 1 prépare son retour sur le continent africain, qu’elle a quitté en 1993. Le Rwanda et les dirigeants de la discipline seraient parvenus à un accord pour organiser un Grand Prix près de Kigali, la capitale du pays. Une première édition est envisagée à partir de 2030, même si aucune date précise n’a encore été fixée. Le projet, porté depuis 2024 par le président rwandais Paul Kagame, pourrait permettre à l’Afrique de retrouver une place dans le championnat du monde après plus de trois décennies d’absence.
L’accord reste à officialiser et plusieurs étapes doivent encore être franchies avant qu’une course puisse être organisée. Le choix définitif du circuit, son financement, son homologation et son inscription au calendrier constituent les principaux dossiers à régler.
Un nouveau circuit construit près de Kigali
Pour accueillir les monoplaces les plus rapides du monde, le Rwanda prévoit de construire un circuit permanent dans la région de Bugesera, à proximité de Kigali et du nouvel aéroport international. Le pays ne dispose actuellement d’aucune infrastructure homologuée pour organiser un Grand Prix de Formule 1.
Le tracé envisagé a été confié à WurzDesign, une société fondée par l’ancien pilote autrichien Alexander Wurz. Le circuit devra satisfaire aux exigences de sécurité et d’homologation de la Fédération internationale de l’automobile, notamment obtenir la certification Grade 1, indispensable pour accueillir une course du championnat du monde.
Le chantier représente un investissement considérable. Au-delà de la piste, les organisateurs devront prévoir les stands, les installations techniques, les tribunes, les accès routiers et les infrastructures nécessaires à l’accueil des équipes et des spectateurs. Aucun budget définitif n’a été officiellement communiqué.
Le dernier Grand Prix africain remonte à 1993, avec une victoire d’Alain Prost
La dernière course de Formule 1 organisée sur le continent africain remonte au 14 mars 1993. Ce jour-là, le Français Alain Prost remportait le Grand Prix d’Afrique du Sud sur le circuit de Kyalami, au volant de sa Williams-Renault. Il devançait Ayrton Senna, deuxième sur McLaren-Ford, et Mark Blundell, troisième sur Ligier-Renault.
L’Afrique du Sud a accueilli 23 Grands Prix comptant pour le championnat du monde entre 1962 et 1993, d’abord sur le circuit d’East London, puis à Kyalami. Depuis cette dernière édition, aucun pays africain n’a réussi à obtenir une nouvelle place au calendrier.
Si le Grand Prix du Rwanda se dispute en 2030, cette absence aura duré 37 ans. Une organisation après cette date prolongerait encore cette période sans Formule 1 sur le continent.
Le Rwanda prend l’avantage sur l’Afrique du Sud
Le Rwanda n’était pas le seul candidat à vouloir ramener la Formule 1 en Afrique. L’Afrique du Sud travaille depuis plusieurs années au retour du Grand Prix de Kyalami, près de Johannesburg, tandis qu’un autre projet a été étudié dans la région du Cap.
La candidature rwandaise semble désormais avoir pris une avance décisive. Le président Paul Kagame avait officiellement annoncé les ambitions de son pays en décembre 2024, à l’occasion des assemblées générales de la FIA organisées à Kigali. Depuis, les discussions avec les responsables de la Formule 1 se sont poursuivies.
Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a toutefois assuré que son pays restait déterminé à accueillir une course. L’attribution éventuelle d’un Grand Prix au Rwanda n’empêcherait pas nécessairement l’Afrique du Sud d’obtenir également une place au calendrier.
Lewis Hamilton et Max Verstappen favorables au retour de la F1 en Afrique
Le retour de la Formule 1 sur le continent africain est réclamé depuis plusieurs années par Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde britannique, dont la carrière chez Ferrari a connu des périodes difficiles, a régulièrement dénoncé l’absence de l’Afrique au calendrier et défendu l’organisation d’un Grand Prix sur le continent.
Max Verstappen a également accueilli favorablement cette perspective. Le quadruple champion du monde, récemment victorieux à Sepang devant Kimi Antonelli et Lewis Hamilton, s’est déjà rendu au Rwanda et a exprimé son souhait de voir le projet aboutir. George Russell a lui aussi soutenu le principe d’un retour de la Formule 1 en Afrique.
La discipline doit toutefois composer avec un calendrier déjà très chargé. L’arrivée d’une nouvelle course nécessitera de trouver une place parmi les Grands Prix existants, en tenant compte des contrats conclus avec les différents circuits et des contraintes logistiques imposées aux écuries.
Un projet qui soulève aussi des interrogations sur son coût
Le Rwanda multiplie depuis plusieurs années les investissements dans le sport international. Le pays s’est notamment fait connaître grâce à ses partenariats publicitaires « Visit Rwanda » avec plusieurs clubs européens, dont le Paris Saint-Germain, Arsenal et l’Atlético de Madrid.
Cette politique de promotion internationale suscite également des critiques. Le coût des partenariats sportifs et leurs retombées économiques pour la population font régulièrement débat, alors que le pays reste confronté à d’importantes difficultés économiques. Les autorités rwandaises défendent une stratégie destinée à développer le tourisme, attirer des investisseurs et renforcer l’attractivité du territoire.
Le projet de Grand Prix pourrait également alimenter les controverses diplomatiques liées au rôle du Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo. Kigali est accusé par les autorités congolaises et plusieurs partenaires internationaux de soutenir le mouvement rebelle M23, ce que le gouvernement rwandais conteste.
Une première course en 2030, voire plus tard
L’organisation d’un Grand Prix constituerait l’un des projets sportifs les plus ambitieux jamais engagés par le Rwanda. Le pays devra désormais obtenir les autorisations nécessaires, réunir les financements, construire le circuit et convaincre définitivement les instances de la Formule 1 de l’intégrer au championnat du monde.
La date de 2030 constitue pour l’instant un horizon envisagé plutôt qu’une échéance définitivement arrêtée. Une première édition pourrait avoir lieu plus tard dans la décennie, selon l’avancement des travaux et les décisions des organisateurs.
Si toutes ces étapes aboutissent, les moteurs de Formule 1 pourront de nouveau rugir sur le continent africain, plus de 37 ans après la dernière victoire d’Alain Prost à Kyalami.

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