Léon Marchand voulait simplement rester prudent. Son refus, pour l’instant, de prendre publiquement position sur des sujets politiques lui vaut désormais une avalanche de critiques et d’insultes sur les réseaux sociaux. Quelques jours après son passage au journal de 20 heures de France 2, le quadruple champion olympique français est notamment qualifié de « lâche », de « petit bourgeois du camp du bien », de « blanc privilégié », mais aussi de « facho » ou de « raciste » par certains internautes. Une polémique née alors que le nageur de 24 ans n’a pourtant exprimé aucune opinion politique. Il a précisément expliqué qu’il ne souhaitait pas le faire tant qu’il ne se sentait pas suffisamment légitime et informé.
« Je préférerais rester loin de tout ça » : la prudence de Marchand déclenche les attaques
Invité dimanche 30 août au 20 Heures de France 2, Léon Marchand a été interrogé sur la place des sportifs dans le débat politique et sur les prises de position de champions français comme Kylian Mbappé ou Victor Wembanyama.
Le Toulousain, dont la prudence sur les questions politiques avait déjà été remarquée après son passage sur France 2, n’a pas voulu suivre immédiatement le même chemin : « Je préférerais rester loin de tout ça, mais je pense qu’on va avoir un rôle qui pourrait être déterminant dans les prochaines années. Juste par notre influence. »
Léon Marchand n’a donc pas affirmé qu’il refuserait définitivement de parler politique. Il a au contraire reconnu que la popularité considérable acquise par certains sportifs pouvait leur donner une influence particulière dans les années à venir.
«Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi» : Marchand explique pourquoi il préfère se taire
Le champion français a surtout insisté sur sa propre légitimité. À 24 ans, il considère que sa notoriété sportive ne lui donne pas automatiquement les compétences nécessaires pour s’exprimer publiquement sur tous les sujets : « Après, c’est quelque chose sur lequel il faut que je travaille. Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi, parce que je ne me sens pas légitime. »
Une réponse mesurée qui n’a pourtant pas empêché les attaques. Sur les réseaux sociaux, des internautes lui reprochent précisément de ne pas utiliser sa notoriété pour prendre position. D’autres lui attribuent des opinions qu’il n’a pas exprimées.
«Lâche», «blanc privilégié», «facho», «raciste» : les insultes pleuvent
Depuis la diffusion de l’entretien, plusieurs messages particulièrement violents et racistes visant Léon Marchand ont circulé. Le nageur est notamment traité de « lâche », de « petit bourgeois du camp du bien » ou encore de « blanc privilégié ». D’autres commentaires vont jusqu’à employer les qualificatifs « facho » et « raciste ».
Mbappé et Wembanyama ont fait un choix différent
La question posée à Léon Marchand faisait directement référence à d’autres stars du sport français qui ont accepté de s’exprimer sur des sujets politiques ou de société. Lors des élections législatives de 2024, Kylian Mbappé avait notamment appelé les jeunes à voter et évoqué publiquement la progression des extrêmes. Victor Wembanyama avait lui aussi pris position. Plus récemment, le basketteur français a assumé sa volonté de continuer à donner son avis sur les sujets qui lui tiennent à cœur.
Léon Marchand a choisi une autre attitude, au moins provisoirement. Il ne critique ni Mbappé ni Wembanyama et ne revendique pas davantage une neutralité politique définitive. Il explique seulement ne pas vouloir parler d’un sujet qu’il estime ne pas suffisamment maîtriser.
Une exposition devenue gigantesque depuis les Jeux de Paris
La violence de certaines réactions rappelle aussi à quel point le statut de Léon Marchand a changé depuis les Jeux olympiques de Paris 2024. Le nageur était devenu l’un des principaux visages de la délégation française en remportant quatre titres olympiques.
Depuis, chacune de ses apparitions est scrutée. Cet été encore, Marchand a confirmé son statut en devenant champion d’Europe du 400m nage libre et recordman de France, au lendemain de son titre européen sur 200m papillon.
Le Français a d’ailleurs expliqué avoir ressenti après les Jeux le besoin de distinguer davantage son image publique de sa vie privée. Son retour à Austin, au Texas, lui avait permis de retrouver une existence plus calme après l’explosion médiatique de Paris 2024.
Léon Marchand ne ferme pourtant aucune porte
Malgré les attaques, les déclarations du champion sont loin d’un refus définitif de tout engagement. Léon Marchand reconnaît lui-même que les sportifs disposant d’une très forte notoriété pourraient jouer un rôle important en raison de leur influence. Mais il pose une condition : se sentir suffisamment informé avant de parler.
Pour l’instant, le quadruple champion olympique a donc choisi de ne pas transformer ses médailles et sa popularité en brevet de compétence politique. Une décision qui aurait pu rester une simple affaire personnelle. Elle lui vaut finalement, à 24 ans, d’être violemment pris à partie pour avoir revendiqué le droit de ne pas encore donner son opinion.
