Léon Marchand ne veut pas se précipiter sur le terrain politique. Invité du journal de 20h de France 2 dimanche soir, le nageur français de 24 ans a été interrogé sur la responsabilité que peut conférer son immense popularité et sur la possibilité, à l’avenir, de prendre publiquement position sur des sujets politiques ou de société. Contrairement à d’autres grandes figures du sport français, le quadruple champion olympique préfère pour l’instant avancer avec prudence. Il reconnaît toutefois que son influence pourrait un jour lui donner un rôle dépassant largement les bassins.
« Je préférerais rester loin de tout ça »
La question est devenue presque incontournable pour les sportifs français dont la notoriété dépasse largement leur discipline. Face à Sonia Chironi sur France 2, Léon Marchand ne s’est pas dérobé, mais n’a pas non plus voulu endosser immédiatement le costume d’athlète engagé. « Je préférerais rester loin de tout ça », a reconnu le nageur. Une réserve qui ne signifie pas qu’il considère les champions comme totalement étrangers au débat public. Marchand est conscient de la puissance de leur parole, en particulier auprès des jeunes générations, et estime que les sportifs bénéficiant d’une très forte notoriété pourraient avoir à l’avenir un « rôle déterminant » grâce à leur influence. À 24 ans, le Toulousain mesure progressivement le poids acquis depuis les Jeux olympiques de Paris 2024. Ses quatre titres olympiques l’ont fait changer de dimension et ont transformé un immense champion de natation en l’une des personnalités sportives françaises les plus identifiées du grand public. Une exposition qu’il cherche encore à apprivoiser.
Marchand ne veut pas parler de sujets qu’il ne maîtrise pas
Le Français explique surtout sa prudence par une question de légitimité. Avoir des millions de personnes qui écoutent ses déclarations ne lui paraît pas suffisant pour s’exprimer publiquement sur tous les sujets. « Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi », explique-t-il, ajoutant qu’il « ne [se] sent pas légitime » à ce stade. Léon Marchand ne ferme donc pas définitivement la porte à de futures prises de position. Il indique plutôt vouloir travailler sur ces questions avant de s’exprimer. Une manière de reconnaître que son nouveau statut lui confère une influence particulière tout en refusant, pour le moment, de transformer sa célébrité sportive en tribune politique. Cette attitude correspond aussi à la personnalité publique qu’il s’efforce de préserver depuis son explosion médiatique. Dans la mini-série consacrée à son quotidien, Léon Marchand racontait déjà les difficultés provoquées par le changement brutal de statut après les Jeux de Paris et son besoin de retrouver une existence plus équilibrée.
Mbappé et Wembanyama ont choisi une autre voie
La question posée à Léon Marchand prend une dimension particulière au regard des prises de position publiques d’autres stars françaises de sa génération. Kylian Mbappé et Victor Wembanyama ont déjà choisi de s’exprimer sur plusieurs sujets politiques et sociétaux. Lors des élections législatives anticipées de 2024, Kylian Mbappé avait appelé les jeunes à voter et avait publiquement exprimé son inquiétude face à la progression des extrêmes. Victor Wembanyama avait également appelé à s’en éloigner. Plus récemment, le basketteur français a de nouveau assumé son souhait de pouvoir donner son avis, quitte à déplaire. Marchand adopte pour l’instant une position différente. Il ne critique pas l’engagement de ses compatriotes et ne revendique pas davantage une neutralité définitive. Il explique simplement ne pas être prêt à intervenir publiquement sur des sujets qu’il considère ne pas suffisamment maîtriser.
Une influence devenue considérable depuis Paris 2024
Cette interrogation autour de sa parole publique aurait été difficilement imaginable avant l’été 2024. Les Jeux de Paris ont complètement changé la place occupée par Léon Marchand dans le sport français. Le nageur avait remporté quatre médailles d’or individuelles, sur 400m quatre nages, 200m papillon, 200m brasse et 200m quatre nages, devenant l’un des grands héros français des Jeux. Deux ans plus tard, son statut reste intact. Malgré une préparation perturbée par une blessure à l’adducteur, il vient de réussir ses Championnats d’Europe à Saint-Denis. Après son titre sur 200m papillon, il s’est également imposé sur 400m nage libre avec un record de France, une distance sur laquelle il n’était jusque-là pas attendu au plus haut niveau international. Ses performances sportives ont donc encore renforcé son exposition et sa capacité à toucher un public qui dépasse largement les amateurs de natation.
Après les JO, le besoin de protéger sa vie privée
Sur France 2, Léon Marchand est également revenu sur le bouleversement provoqué par les Jeux de Paris. Après l’explosion médiatique de l’été 2024, il a ressenti le besoin de séparer davantage son personnage public de sa vie personnelle. Son retour à Austin, au Texas, où il a longtemps construit sa carrière sportive loin de l’agitation française, lui a permis de retrouver davantage de calme. Cette volonté de préserver une frontière explique aussi sa prudence lorsqu’il est interrogé sur des sujets dépassant le sport. Marchand sait désormais que chacune de ses déclarations peut être reprise, commentée et parfois transformée en position politique. Il n’entend donc pas parler simplement parce que son statut lui permet d’être entendu.
Pas d’engagement politique pour l’instant, mais une porte laissée ouverte
Léon Marchand ne se présente ainsi ni comme un sportif totalement apolitique, ni comme une future voix du débat public. Sa position est plus mesurée : il reconnaît la puissance acquise par les champions les plus populaires, mais considère qu’une telle influence impose aussi de savoir de quoi l’on parle avant de s’exprimer. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, sa parole sera forcément particulièrement observée si les sportifs français sont de nouveau sollicités sur la situation politique du pays. Pour l’instant, Léon Marchand reste dans son domaine de prédilection. Mais contrairement à un refus catégorique de toute prise de position, sa réponse sur France 2 laisse une possibilité ouverte : celle d’un champion qui pourrait un jour s’exprimer davantage, à condition de se sentir suffisamment informé et légitime pour le faire.
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