Immigration : les entrées en France reculent en 2024 et retrouvent leur niveau d’avant la crise sanitaire
Immigration : les entrées en France reculent en 2024 et retrouvent leur niveau d’avant la crise sanitaire

Après plusieurs années marquées par la pandémie de Covid-19 puis par les conséquences de la guerre en Ukraine, les flux migratoires vers la France reviennent progressivement à un niveau plus proche de celui observé avant 2020. Dans une étude publiée ce 4 juin 2026, l’Insee indique que 438.000 personnes se sont installées en France en 2024 pour une durée d’au moins un an, soit une baisse de 6 % par rapport à 2023.

Parmi ces nouveaux arrivants figurent 313.000 immigrés nés étrangers à l’étranger, mais également 85.000 personnes nées en France revenant sur le territoire et 40.000 personnes nées françaises à l’étranger. Après les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés en 2022 et 2023, liés notamment à l’accueil de réfugiés ukrainiens, les entrées retrouvent désormais un niveau proche de celui de 2019, avant la crise sanitaire.

Une croissance démographique portée par les migrations

L’Insee souligne que le rôle des migrations dans l’évolution démographique française n’a jamais été aussi important ces dernières années. Entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023, la population française a progressé de 322.000 habitants. Sur ce total, 271.000 personnes proviennent du solde migratoire, contre seulement 51.000 liés au solde naturel, c’est-à-dire à l’excédent des naissances sur les décès.

Le solde migratoire des immigrés a atteint un niveau historiquement élevé en 2022 avec 348.000 personnes supplémentaires. Cette hausse s’explique notamment par l’arrivée de réfugiés ukrainiens après l’invasion russe ainsi que par la reprise des mouvements migratoires qui avaient été freinés durant la pandémie. Dans le même temps, le solde migratoire des personnes non immigrées est redevenu négatif, davantage de Français ou de personnes nées françaises quittant le territoire qu’y revenant.

Des immigrés jeunes et souvent diplômés

Le profil des nouveaux arrivants reste marqué par une forte présence de jeunes adultes. La moitié des immigrés entrés en France en 2024 ont entre 18 et 36 ans. Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne sont particulièrement jeunes, avec un âge médian de 23 ans, tandis que les nouveaux arrivants venus d’Europe affichent un âge moyen légèrement plus élevé.

L’étude met également en évidence un niveau de qualification relativement élevé. Parmi les immigrés âgés de 25 ans ou plus arrivés en France en 2024, 51 % sont diplômés de l’enseignement supérieur. Cette proportion atteint même 75 % chez les non-immigrés revenant ou s’installant en France. Selon l’Insee, ce phénomène s’explique en partie par le fait que les migrants sont souvent issus des catégories les plus diplômées de leur pays d’origine.

Une immigration largement familiale

L’immigration vers la France demeure majoritairement familiale. Plus de la moitié des immigrés arrivés en 2024 vivent au sein d’une famille et 57 % des adultes vivent en couple. Les femmes rejoignent plus fréquemment un conjoint déjà installé en France, tandis que les hommes immigrent davantage en même temps que leur partenaire.

Les enfants représentent également une part importante des arrivées. Environ 69.000 enfants immigrés sont arrivés en France en 2024. Selon l’Insee, 43 % d’entre eux ont rejoint un parent déjà établi sur le territoire, illustrant le poids du regroupement familial dans les flux migratoires actuels.

Des entrées en baisse dans toutes les régions du monde

Les immigrés arrivés en 2024 proviennent principalement d’Afrique, qui représente 144.000 entrées, devant l’Europe avec 83.000 personnes et l’Asie avec 57.000 nouveaux arrivants. Toutes les grandes zones géographiques enregistrent toutefois un recul des arrivées par rapport à 2023. La baisse est particulièrement marquée pour les ressortissants européens, notamment ceux provenant de pays extérieurs à l’Union européenne.

Pour l’Insee, ces chiffres traduisent un retour progressif à une situation plus proche des tendances observées avant les crises successives du début des années 2020. Si les flux migratoires demeurent élevés, ils s’inscrivent désormais dans une phase de normalisation après les bouleversements provoqués par la pandémie et la guerre en Ukraine.

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