SANTÉ

Maladie de Hashimoto : quand la thyroïde ralentit progressivement le fonctionnement de l’organisme

Maladie de Hashimoto : quand la thyroïde ralentit progressivement le fonctionnement de l’organisme
Maladie de Hashimoto : quand la thyroïde ralentit progressivement le fonctionnement de l’organisme

Fatigue persistante, prise de poids inexpliquée, frilosité inhabituelle ou difficultés de concentration : ces symptômes peuvent parfois révéler une maladie de Hashimoto. Cette affection auto-immune provoque une inflammation chronique de la thyroïde, une petite glande située à la base du cou qui joue un rôle essentiel dans le métabolisme. Elle constitue l’une des principales causes d’hypothyroïdie dans les pays où les apports en iode sont suffisants.

La thyroïde produit des hormones qui interviennent dans de nombreuses fonctions de l’organisme, notamment la régulation de la température corporelle, du rythme cardiaque et de la dépense énergétique. Dans la maladie de Hashimoto, également appelée thyroïdite chronique auto-immune, le système immunitaire attaque progressivement les cellules thyroïdiennes. Cette réaction inflammatoire peut réduire la capacité de la glande à produire suffisamment d’hormones, entraînant une hypothyroïdie. La maladie touche plus fréquemment les femmes et apparaît souvent à l’âge adulte, même si elle peut également concerner les enfants et les hommes. Des prédispositions génétiques et certains facteurs environnementaux participent à son développement.

Une fatigue qui peut s’accompagner d’une prise de poids

Les manifestations s’installent généralement de manière progressive, parfois sur plusieurs années. Les patients peuvent ressentir une fatigue importante, une sensation de froid excessive, une constipation persistante ou un ralentissement inhabituel de leurs activités. Une prise de poids modérée peut également apparaître, en partie liée à une rétention d’eau, mais elle n’est ni systématique ni nécessairement importante. Certaines personnes décrivent une peau plus sèche, des cheveux fragiles, des douleurs musculaires ou des troubles de la mémoire et de la concentration. Chez les femmes, des perturbations du cycle menstruel peuvent également survenir. Dans certains cas, la thyroïde augmente de volume et forme un goitre, visible ou palpable à la base du cou.

Le diagnostic repose principalement sur des analyses sanguines permettant de mesurer la TSH, une hormone produite par l’hypophyse qui stimule la thyroïde, ainsi que la thyroxine libre, appelée T4 libre. Lorsque la glande ne produit plus suffisamment d’hormones, la TSH augmente généralement pour tenter de compenser ce déficit. La recherche d’anticorps anti-thyroperoxydase peut aider à identifier l’origine auto-immune de la maladie. Une échographie thyroïdienne peut être utile dans certaines situations, notamment lorsqu’un goitre ou un nodule est suspecté, mais elle n’est pas systématiquement nécessaire. Il faut également rappeler que la présence d’anticorps ne signifie pas toujours qu’une hypothyroïdie est déjà installée.

Un traitement hormonal généralement simple, mais une surveillance nécessaire

Lorsque la maladie entraîne une hypothyroïdie nécessitant un traitement, la prise en charge repose principalement sur la lévothyroxine, une hormone de synthèse qui remplace celle que la thyroïde ne produit plus suffisamment. La dose est adaptée progressivement en fonction des résultats sanguins, de l’âge et de la situation médicale du patient. Le traitement permet généralement de corriger les symptômes liés au déficit hormonal, même si leur disparition peut prendre plusieurs semaines. Certaines personnes présentant des anticorps thyroïdiens mais une fonction hormonale normale n’ont pas besoin de traitement immédiat et bénéficient simplement d’une surveillance.

La maladie de Hashimoto nécessite souvent un suivi prolongé, car la fonction thyroïdienne peut continuer à diminuer au fil du temps. Une hypothyroïdie insuffisamment traitée peut notamment favoriser une augmentation du cholestérol, des troubles cardiovasculaires ou des difficultés pendant la grossesse. À l’inverse, une dose excessive de lévothyroxine peut provoquer des palpitations, une accélération du rythme cardiaque ou, à long terme, fragiliser les os. Les contrôles réguliers de la TSH permettent donc de maintenir un équilibre hormonal adapté. Il n’existe pas de régime alimentaire capable de guérir la maladie, et les compléments contenant de fortes doses d’iode peuvent même être inadaptés dans certaines situations.

Une fatigue persistante ou une prise de poids ne signifie évidemment pas qu’une personne souffre de la maladie de Hashimoto. Ces symptômes sont fréquents et peuvent avoir de nombreuses origines. En revanche, leur association avec une frilosité inhabituelle, une constipation durable, un ralentissement général ou des antécédents familiaux de maladies thyroïdiennes peut justifier un bilan médical. Une simple prise de sang permet souvent d’identifier un dérèglement hormonal et, lorsque cela est nécessaire, de mettre en place un traitement efficace pour retrouver un fonctionnement normal de l’organisme.

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