SANTÉ

No Nut November : le prétendu pic de testostérone au septième jour repose sur une étude retirée

No Nut November : le prétendu pic de testostérone au septième jour repose sur une étude retirée
No Nut November : le prétendu pic de testostérone au septième jour repose sur une étude retirée

Chaque mois de novembre, le défi « No Nut November », qui consiste à s’abstenir d’éjaculer pendant trente jours, connaît un regain de popularité sur les réseaux sociaux. Parmi les arguments avancés par ses adeptes figure une supposée augmentation spectaculaire de la testostérone après sept jours d’abstinence. Mais cette affirmation repose principalement sur une étude scientifique publiée en 2003, puis retirée en 2021.

Le « No Nut November », littéralement le mois de novembre sans éjaculation, est devenu un phénomène récurrent sur Internet. Né dans les communautés en ligne avant de se diffuser sur les réseaux sociaux, ce défi invite ses participants à renoncer à la masturbation et aux rapports sexuels conduisant à une éjaculation pendant tout le mois. Si certains l’abordent sur le ton de l’humour, d’autres y voient une manière d’améliorer leur discipline personnelle, leur concentration ou leurs performances physiques. La question de la testostérone occupe une place centrale dans les discussions. De nombreuses publications affirment qu’une semaine d’abstinence suffirait à provoquer une hausse de près de 45 % de cette hormone, souvent associée à la libido, au développement musculaire et à certaines fonctions reproductives.

Cette affirmation trouve son origine dans une étude publiée en 2003 dans la revue scientifique Journal of Zhejiang University Science. Les chercheurs avaient suivi les variations de testostérone chez des hommes pendant une période d’abstinence éjaculatoire. Selon les résultats initialement rapportés, les concentrations de testostérone auraient atteint un pic au septième jour, équivalant à environ 145,7 % du niveau de départ. Ce chiffre a ensuite été largement repris dans des vidéos, des forums et des contenus consacrés au développement personnel. Pourtant, l’article scientifique a fait l’objet d’une rétractation en 2021. Il ne peut donc plus être considéré comme une preuve scientifique fiable de l’existence de ce pic hormonal.

Une croyance virale qui dépasse les connaissances scientifiques

Le retrait de cette publication fragilise considérablement l’un des arguments les plus fréquemment utilisés pour promouvoir le « No Nut November ». Il ne signifie pas pour autant que l’abstinence n’a aucun effet sur l’organisme, mais les recherches disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’elle entraîne une augmentation importante et durable de la testostérone. Les concentrations de cette hormone fluctuent naturellement au cours de la journée et peuvent varier en fonction du sommeil, de l’état de santé et de nombreux autres facteurs. Certaines études ont examiné les variations hormonales liées à l’activité sexuelle ou à l’abstinence, sans établir qu’une période prolongée sans éjaculation constitue une méthode efficace pour augmenter durablement le taux de testostérone.

Le succès de cette théorie illustre aussi la manière dont une donnée scientifique peut continuer à circuler longtemps après la remise en cause de sa source. Sur les réseaux sociaux, le chiffre de 45 % est régulièrement présenté sans mention du retrait de l’étude originale, donnant à une affirmation contestée l’apparence d’un résultat établi. Pour les professionnels de santé, il convient de distinguer les choix personnels concernant la sexualité des bénéfices médicaux qui leur sont attribués. L’abstinence volontaire n’est pas en elle-même nécessairement problématique, mais aucune preuve solide ne permet de promettre un gain hormonal spectaculaire après sept jours sans éjaculation. À l’occasion du « No Nut November », cette distinction rappelle qu’une affirmation populaire, même accompagnée d’un pourcentage précis, ne constitue pas nécessairement une vérité scientifique.

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