La communauté internationale renforce ses moyens de lutte contre la mpox, anciennement appelée variole du singe. Le laboratoire pharmaceutique danois Bavarian Nordic a annoncé, le 27 octobre 2026, qu’il contribuerait à hauteur de 225 000 doses de vaccin à la constitution d’un stock mondial d’urgence. Cette initiative, coordonnée dans le cadre d’un mécanisme hébergé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vise à accélérer l’accès aux vaccins lors de nouvelles flambées épidémiques. Sur ce total, 75 000 doses seront offertes par le fabricant, tandis que 150 000 autres feront l’objet d’un contrat de fourniture. L’objectif est de permettre aux pays les plus exposés de réagir rapidement, sans être freinés par les difficultés d’approvisionnement qui ont marqué les précédentes crises sanitaires.
Le vaccin concerné, baptisé MVA-BN et commercialisé en Europe sous le nom d’Imvanex, est déjà utilisé pour prévenir les infections par le virus de la mpox chez les personnes exposées. Développé initialement contre la variole, il repose sur un virus modifié incapable de se multiplier dans les cellules humaines. Le stock international sera géré par le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins, un dispositif associant notamment l’OMS, l’UNICEF, Médecins sans frontières et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Son financement initial est assuré par Gavi, l’Alliance du Vaccin. Le principe consiste à disposer de doses mobilisables rapidement lorsqu’un pays signale une flambée épidémique nécessitant une campagne de vaccination ciblée. Cette organisation doit également permettre une répartition plus équitable des ressources entre les États, indépendamment de leurs capacités financières.
L’Afrique reste particulièrement exposée à la circulation du virus
La constitution de cette réserve répond à une menace sanitaire toujours présente. Selon l’OMS, 190 683 cas confirmés de mpox et 529 décès avaient été signalés dans 145 pays et territoires entre janvier 2022 et juillet 2026. Environ deux tiers des cas rapportés concernaient la région africaine, où plusieurs pays continuent de faire face à des épisodes de transmission. La maladie se propage principalement lors de contacts physiques étroits avec une personne infectée, notamment par contact avec des lésions cutanées. Elle peut provoquer de la fièvre, des douleurs musculaires, une fatigue importante et des éruptions cutanées parfois douloureuses. Si la majorité des personnes infectées guérissent, certaines développent des complications graves, particulièrement les enfants et les personnes immunodéprimées. Les flambées successives ont également mis en évidence de fortes inégalités d’accès à la vaccination, plusieurs pays disposant de ressources limitées ayant rencontré des difficultés pour obtenir rapidement les doses nécessaires.
Pour les organisations sanitaires internationales, cette nouvelle réserve représente une évolution importante dans la préparation aux épidémies. Jusqu’à présent, les campagnes de vaccination contre la mpox dépendaient largement de commandes ponctuelles, de dons et de mécanismes exceptionnels de financement. Le dispositif annoncé doit permettre de sécuriser les approvisionnements à plus long terme et d’organiser des interventions dès l’apparition de nouveaux foyers. Les pays éligibles au soutien de Gavi pourront accéder gratuitement aux doses, tandis que les autres États devront en rembourser le coût après leur mise à disposition. La prochaine étape sera de préciser le calendrier de livraison des 225 000 doses promises par Bavarian Nordic et leurs modalités de distribution. Cette contribution ne signifie pas que tous les vaccins sont déjà disponibles ni que le stock mondial est entièrement constitué. Son efficacité dépendra aussi de la surveillance épidémiologique, du dépistage, de l’information des populations et de la capacité des systèmes de santé à organiser rapidement les campagnes de vaccination. Face à un virus qui continue de circuler sur plusieurs continents, l’enjeu est désormais de transformer ces engagements en une protection concrète pour les populations les plus vulnérables.









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