SANTÉ

Maladie de Wilson : cette maladie génétique qui provoque une accumulation toxique de cuivre

Maladie de Wilson : cette maladie génétique qui provoque une accumulation toxique de cuivre
Maladie de Wilson : cette maladie génétique qui provoque une accumulation toxique de cuivre

Fatigue persistante, anomalies du foie, tremblements ou troubles du comportement : ces symptômes peuvent parfois révéler une maladie de Wilson. Cette affection génétique rare empêche l’organisme d’éliminer correctement le cuivre, qui s’accumule progressivement dans plusieurs organes, notamment le foie et le cerveau. Sans traitement, elle peut entraîner des complications graves, mais une prise en charge précoce permet souvent d’en contrôler l’évolution.

Le cuivre est un oligoélément indispensable au fonctionnement de l’organisme. Il intervient notamment dans certaines réactions enzymatiques et participe à plusieurs mécanismes biologiques essentiels. Normalement, le foie régule sa quantité et élimine l’excédent par la bile. Dans la maladie de Wilson, une anomalie du gène ATP7B perturbe ce mécanisme, provoquant une accumulation progressive de cuivre dans les cellules. La maladie se transmet selon un mode autosomique récessif : pour être atteint, il faut généralement avoir hérité de deux copies altérées du gène, une de chaque parent. Les symptômes apparaissent souvent pendant l’enfance, l’adolescence ou chez l’adulte jeune, mais leur âge d’apparition reste variable.

Du foie au cerveau, des manifestations très différentes

Le foie constitue généralement l’un des premiers organes touchés. Certains patients présentent une augmentation des enzymes hépatiques découverte lors d’une prise de sang, tandis que d’autres développent une hépatite chronique, une cirrhose ou, plus rarement, une insuffisance hépatique aiguë. Les manifestations neurologiques peuvent apparaître plus tardivement et comprendre des tremblements, une rigidité musculaire, des difficultés à coordonner les mouvements ou des troubles de la parole. Des modifications de l’humeur, du comportement ou des capacités de concentration peuvent également être observées. Cette diversité explique pourquoi la maladie peut être confondue avec d’autres affections hépatiques, neurologiques ou psychiatriques.

Un signe particulièrement évocateur est l’anneau de Kayser-Fleischer, une coloration brun-verdâtre située à la périphérie de la cornée, provoquée par le dépôt de cuivre. Cet anneau n’est cependant pas présent chez tous les patients, notamment dans certaines formes principalement hépatiques. Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires : mesure de la céruloplasmine dans le sang, dosage du cuivre urinaire sur 24 heures, examen ophtalmologique et parfois analyses génétiques. Dans certaines situations, une mesure du cuivre dans le foie peut également être nécessaire. Aucun de ces examens ne doit être interprété isolément, car le diagnostic repose sur l’association de plusieurs éléments cliniques et biologiques.

Un traitement à vie pour éliminer l’excès de cuivre

La prise en charge repose sur des médicaments destinés à réduire la quantité de cuivre accumulée dans l’organisme ou à limiter son absorption intestinale. Les traitements chélateurs, comme la D-pénicillamine ou la trientine, favorisent l’élimination du cuivre, tandis que les sels de zinc peuvent réduire son absorption digestive dans certaines situations. Le choix dépend notamment de la gravité de la maladie, des organes touchés et de la tolérance aux médicaments. Le traitement doit généralement être poursuivi toute la vie, car son interruption peut entraîner une nouvelle accumulation de cuivre et une aggravation parfois sévère des lésions.

Lorsque la maladie est diagnostiquée avant l’apparition de lésions importantes, les perspectives sont généralement favorables sous traitement adapté. Les atteintes hépatiques et certains symptômes neurologiques peuvent s’améliorer, même si les séquelles ne sont pas toujours entièrement réversibles. Dans les formes les plus graves, notamment lorsqu’une insuffisance hépatique sévère apparaît, une transplantation du foie peut devenir nécessaire. Le dépistage des frères et sœurs d’une personne atteinte occupe également une place importante, car il permet parfois d’identifier des patients encore asymptomatiques et de commencer un traitement avant l’apparition des complications.

La maladie de Wilson reste rare, et des tremblements ou une fatigue persistante possèdent évidemment des causes beaucoup plus fréquentes. En revanche, l’association de troubles hépatiques inexpliqués, de manifestations neurologiques inhabituelles ou de symptômes psychiatriques chez une personne jeune peut justifier des investigations spécialisées. L’intérêt d’un diagnostic précoce est particulièrement important dans cette maladie : contrairement à de nombreuses affections génétiques, il existe des traitements capables de contrôler l’accumulation de la substance responsable des lésions et de prévenir une grande partie des complications.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une