Alors que les traitements à base de GLP-1, utilisés contre l’obésité, connaissent un essor mondial sans précédent, des médecins alertent sur leur capacité à aggraver les troubles du comportement alimentaire, dont la prévalence mondiale a déjà bondi de 71 % en trois décennies.
Les médicaments de la classe des GLP-1, devenus en quelques années l’une des avancées majeures de la biotechnologie mondiale, suscitent une inquiétude croissante parmi les spécialistes des troubles du comportement alimentaire. Si leur efficacité dans la prise en charge de l’obésité est largement documentée, certains cliniciens les identifient désormais comme un facteur susceptible d’aggraver des pathologies déjà en forte progression.
Un rapport récent indique que l’incidence mondiale de l’anorexie mentale et de la boulimie a augmenté de 71 % entre 1990 et 2023. Une hausse préoccupante, sur fond de laquelle des praticiens observent que les traitements GLP-1 peuvent, chez certains patients, exacerber des comportements alimentaires pathologiques déjà présents ou latents.
Ces médicaments agissent notamment en réduisant l’appétit et en modifiant la perception de la faim, des mécanismes qui, chez des personnes prédisposées, peuvent renforcer des dynamiques de restriction alimentaire sévère. La question de leur prescription chez des patients à risque de troubles alimentaires se pose avec une acuité nouvelle, à mesure que leur usage se généralise bien au-delà des cas d’obésité sévère.
Le sujet illustre une tension plus large dans le domaine médical : la diffusion rapide d’innovations thérapeutiques puissantes, avant que leurs effets secondaires sur des populations vulnérables ne soient pleinement caractérisés. Les autorités sanitaires et les sociétés savantes n’ont pas encore formulé de recommandations spécifiques sur ce point.









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