C’est une nouvelle étape dans la lutte contre les déserts médicaux. Ce lundi 2 novembre 2026, près de 3 000 jeunes médecins généralistes commencent à exercer dans des cabinets, maisons et centres de santé à travers la France. Baptisés « docteurs juniors », ces praticiens effectuent leur quatrième et dernière année d’internat, une nouveauté introduite par la réforme des études de médecine générale. Le gouvernement espère ainsi renforcer rapidement l’offre de consultations dans les territoires confrontés à une pénurie de professionnels de santé. Environ 80 % de ces futurs généralistes ont été affectés dans des zones où l’accès aux soins est particulièrement difficile.
Ces docteurs juniors ne sont pas de simples étudiants observant les consultations de leurs aînés. Ils disposent déjà d’une formation médicale avancée et peuvent recevoir des patients, établir des diagnostics, prescrire des traitements et assurer le suivi des maladies chroniques. Ils exercent toutefois sous un régime d’autonomie supervisée, avec l’accompagnement d’un médecin généraliste expérimenté, appelé maître de stage universitaire. Leur dernière année de formation se déroule principalement en médecine de ville, avec deux périodes de six mois, généralement au sein d’un même lieu d’exercice. La plupart travaillent quatre jours par semaine dans un cabinet ou une structure de soins. Contrairement aux médecins pleinement installés, ils ne peuvent pas être déclarés médecins traitants par leurs patients. Cette organisation doit leur permettre de gagner progressivement en autonomie tout en apportant une capacité de consultation supplémentaire aux professionnels déjà présents.
Une réponse attendue à la pénurie de médecins généralistes
La répartition de ces nouveaux praticiens a été pensée pour répondre aux besoins des territoires. L’Île-de-France accueille ainsi environ 400 docteurs juniors, dont 74 en Seine-Saint-Denis, 64 dans l’Essonne et 58 à Paris. En Centre-Val de Loire, région particulièrement touchée par les difficultés d’accès aux soins, 102 postes ont été ouverts dans des secteurs considérés comme insuffisamment dotés. L’Occitanie bénéficie pour sa part de 241 affectations, notamment en Haute-Garonne, dans le Gard et dans l’Aveyron. Le ministère de la Santé estime que ce dispositif pourrait permettre de réaliser plusieurs millions de consultations supplémentaires au cours des prochains mois. L’objectif est également d’encourager les jeunes médecins à s’installer durablement dans les territoires où ils auront effectué leur stage. Le gouvernement espère qu’une première expérience professionnelle dans ces secteurs favorisera leur fidélisation et contribuera à réduire les inégalités géographiques d’accès aux soins.
Cette réforme ne fait cependant pas l’unanimité parmi les futurs généralistes et leurs représentants. Plusieurs organisations professionnelles dénoncent une mise en œuvre jugée précipitée et s’inquiètent des conditions d’accueil, de rémunération et d’encadrement des docteurs juniors. Les syndicats soulignent notamment que la réussite du dispositif dépendra de la disponibilité des maîtres de stage, eux-mêmes déjà confrontés à une forte charge de travail. Les jeunes praticiens bénéficient d’une rémunération hospitalière, complétée par différentes indemnités liées à leur autonomie et, selon les situations, à leurs gardes ou à leur lieu d’affectation. Mais leur présence ne constitue pas une solution définitive à la désertification médicale. Après cette dernière année d’internat, rien ne garantit qu’ils choisiront de s’installer dans les territoires où ils auront exercé. Le véritable bilan de la réforme ne pourra donc être établi qu’à moyen terme, lorsque les premières promotions auront terminé leur formation. Pour les patients qui peinent actuellement à obtenir un rendez-vous, l’arrivée de ces docteurs juniors représente néanmoins un renfort concret, même si elle ne suffira pas à résoudre l’ensemble des difficultés du système de santé français.









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