SANTÉ

Paludisme à Francfort : huit personnes infectées et trois morts, des moustiques arrivés par avion suspectés

Paludisme à Francfort : huit personnes infectées et trois morts, des moustiques arrivés par avion suspectés
Paludisme à Francfort : huit personnes infectées et trois morts, des moustiques arrivés par avion suspectés

Huit personnes ont contracté le paludisme près de l’aéroport international de Francfort, en Allemagne, au cours de l’été 2026. Trois d’entre elles sont décédées. Selon les résultats d’analyses génétiques dévoilés mercredi 4 novembre, les contaminations seraient liées à plusieurs moustiques infectés, probablement introduits depuis l’Afrique de l’Ouest par voie aérienne. Les autorités sanitaires privilégient la piste d’un phénomène rare, appelé « paludisme aéroportuaire ».

Une série de contaminations inhabituelles au paludisme a été identifiée dans la région de Francfort, l’un des principaux centres de transport aérien européens. Entre juillet et septembre 2026, huit personnes ont été infectées par le parasite Plasmodium falciparum, responsable de la forme la plus dangereuse de cette maladie. Six victimes travaillaient à l’aéroport international, tandis que les deux autres résidaient dans le quartier de Schwanheim, situé à proximité des pistes. Trois personnes sont décédées des suites de l’infection. Particularité de cette affaire : aucun des huit patients n’avait récemment voyagé dans une région où le paludisme circule habituellement.

Cette absence de séjour en zone tropicale a rapidement orienté les investigations vers une transmission locale, potentiellement provoquée par des moustiques transportés accidentellement à bord d’avions. Les autorités allemandes ont sollicité l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, en Belgique, afin d’analyser les parasites présents dans le sang des patients. Les résultats, communiqués le 4 novembre par la municipalité de Francfort, apportent de nouveaux éléments sur l’origine des contaminations. Ils suggèrent que les infections ne proviennent pas d’un foyer unique, mais de plusieurs introductions indépendantes de moustiques infectés.

Trois groupes de parasites identifiés par les chercheurs

Les scientifiques belges ont procédé à une analyse complète du génome des parasites prélevés chez les huit malades. Ils ont identifié trois groupes génétiques distincts, correspondant aux contaminations survenues respectivement en juillet, en août et en septembre. À l’intérieur de chaque groupe, les parasites présentaient de fortes similitudes, tandis que les différences entre les groupes étaient suffisamment importantes pour suggérer plusieurs sources de contamination. Ces résultats confortent l’hypothèse de trois moustiques infectés distincts, plutôt que celle d’une propagation continue à partir d’un seul foyer.

Peter Tinnemann, directeur du service de santé publique de Francfort, estime que les analyses orientent également vers une origine géographique commune : l’Afrique de l’Ouest. Les parasites auraient été introduits en Allemagne par des moustiques anophèles infectés, probablement transportés par avion. Les résultats rendent moins probable l’implication de moustiques locaux dans la transmission. Toutefois, les insectes responsables n’ont pas été directement identifiés et les chercheurs ne peuvent pas déterminer avec certitude les circonstances de leur arrivée. Les investigations se poursuivent pour préciser les mécanismes de contamination.

Comment un moustique peut-il transmettre le paludisme dans un aéroport ?

Le phénomène est connu sous le nom de « paludisme aéroportuaire ». Il se produit lorsqu’un moustique infecté, généralement une femelle du genre Anopheles, est transporté accidentellement depuis une région où le paludisme est présent vers un pays où la maladie ne circule pas habituellement. L’insecte peut voyager dans un avion, des bagages ou du fret, puis survivre suffisamment longtemps pour piquer une personne à proximité de son point d’arrivée. Une contamination devient alors possible sans que la victime ait elle-même quitté son pays.

Ces situations restent exceptionnelles en Europe, mais elles sont documentées depuis plusieurs décennies. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une étude scientifique a recensé 105 cas de paludisme aéroportuaire entre 1969 et 2022. La majorité des contaminations surviennent pendant les mois les plus chauds, lorsque les températures permettent aux moustiques importés de survivre plus facilement. Le précédent épisode signalé en Allemagne remontait à 2023. À Francfort, la succession de trois groupes d’infections au cours d’un même été a particulièrement attiré l’attention des autorités sanitaires.

Une maladie potentiellement mortelle sans traitement rapide

Le paludisme provoqué par Plasmodium falciparum peut évoluer rapidement vers des complications graves. Les premiers symptômes comprennent généralement une fièvre, des frissons, des maux de tête et une fatigue importante. Ces manifestations peuvent être confondues avec celles d’autres infections, ce qui complique le diagnostic dans les pays où le paludisme est rare. Sans prise en charge adaptée, la maladie peut notamment provoquer des atteintes neurologiques, une insuffisance rénale ou des complications respiratoires. En revanche, un diagnostic précoce et un traitement antipaludique approprié permettent généralement de guérir l’infection.

Les autorités sanitaires allemandes ont demandé aux médecins de la région de Francfort d’envisager un diagnostic de paludisme chez les personnes présentant une fièvre inexpliquée après avoir travaillé ou séjourné à proximité de l’aéroport, même en l’absence de voyage récent à l’étranger. Les services de santé ont également renforcé la surveillance des moustiques et sensibilisé les personnels aéroportuaires. Malgré les trois décès enregistrés, l’ECDC considère que le risque pour la population générale demeure très faible. Les analyses ne démontrent pas l’installation durable du paludisme en Allemagne, mais cet épisode rappelle que les échanges aériens internationaux peuvent favoriser l’introduction accidentelle de maladies infectieuses dans des régions où elles sont habituellement absentes.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une