France Télévisions va devoir encore réduire fortement ses dépenses. Delphine Ernotte Cunci révèle ce vendredi que le groupe audiovisuel public devra trouver 90 millions d’euros d’économies en 2027, après une année 2026 déjà marquée par d’importantes restrictions budgétaires. Programmes, création audiovisuelle, droits sportifs et fonctionnement interne vont être concernés. La présidente du groupe prévient : « Je tire la sonnette d’alarme. »
Cette nouvelle cure d’économies prolonge celle déjà engagée par France Télévisions. Delphine Ernotte avait annoncé dès la fin 2025 des réductions drastiques de dépenses, avec l’objectif de revenir à l’équilibre financier en 2026. La pression budgétaire ne va donc pas retomber l’année suivante.
47 millions d’euros de dotation publique en moins en 2027
France Télévisions avait déjà subi en 2026 une baisse de 80 millions d’euros de sa dotation publique, celle-ci s’établissant à 2,37 milliards d’euros. Pour 2027, Delphine Ernotte annonce une nouvelle diminution de 47 millions d’euros. À cela doivent s’ajouter une baisse attendue d’environ 20 millions d’euros des recettes publicitaires et la disparition de quelque 20 millions d’euros de plus-values immobilières réalisées en 2026 mais qui ne pourront pas être reproduites chaque année.
Au total, la dirigeante chiffre donc l’effort à 90 millions d’euros pour la seule année 2027. Sur trois ans, elle estime que l’écart entre les moyens disponibles et les besoins du groupe atteint environ 200 millions d’euros, en tenant également compte de l’inflation et du recul du marché publicitaire.
Les programmes vont de nouveau être directement touchés
Delphine Ernotte ne cache pas que les téléspectateurs verront les conséquences de ces économies à l’antenne. France Télévisions étant avant tout un groupe de programmes, une diminution durable des recettes doit conduire à réduire une partie des dépenses éditoriales.
La présidente annonce ainsi que le groupe va poursuivre les discussions avec les producteurs et détenteurs de droits : « Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes. » Elle précise que les efforts seront répartis entre les dépenses internes de France Télévisions et les contenus diffusés à l’antenne.
Les premières conséquences sont déjà visibles. France Télévisions a renoncé à environ treize soirées de fictions inédites par an et a réduit plusieurs programmes. France 2 a notamment décidé d’arrêter la collection policière Disparition inquiétante dans le cadre des restrictions budgétaires, tandis que d’autres productions ont également été supprimées ou mises en pause.
La Coupe de France de football pourrait disparaître de France Télévisions
Les droits sportifs sont eux aussi concernés. Delphine Ernotte annonce que leur coût va être renégocié et que certaines compétitions pourront ne pas être conservées à l’issue des contrats actuellement en vigueur.
La présidente cite directement la Coupe de France de football parmi les droits susceptibles de ne pas être renouvelés. France Télévisions pourrait donc renoncer à certaines compétitions si leur prix n’est plus compatible avec les moyens dont disposera le groupe en 2027.
La création audiovisuelle pourrait tomber à 380 millions d’euros
Les investissements consacrés à la création française ont déjà été ramenés de 440 à 400 millions d’euros. Une nouvelle réduction à environ 380 millions d’euros en 2027 est désormais envisagée, même si ce niveau n’est pas encore définitivement arrêté.
Delphine Ernotte estime qu’une baisse prolongée des investissements des chaînes françaises pourrait renforcer progressivement le poids des grandes plateformes étrangères dans le financement des séries et du cinéma français. Elle dit vouloir préserver le modèle de financement de la création tout en reconnaissant que les contraintes budgétaires imposeront de nouveaux arbitrages.
1 300 postes ont déjà disparu, un départ sur deux ne sera pas remplacé
Les économies ne porteront pas uniquement sur les programmes. Selon Delphine Ernotte, les effectifs de France Télévisions ont déjà diminué de 1 300 salariés. Pour les années 2026, 2027 et 2028, le groupe prévoit également de ne pas remplacer un départ sur deux.
La direction veut répartir l’effort entre les coûts internes et les programmes plutôt que concentrer les 90 millions d’euros d’économies sur un seul poste. Ces nouvelles restrictions arrivent quelques mois après la confrontation autour du rapport parlementaire proposant une réduction beaucoup plus profonde du coût de l’audiovisuel public.
Pour France Télévisions, l’année 2027 s’annonce donc comme une nouvelle année de restrictions : moins de moyens publics, moins de recettes publicitaires, des programmes renégociés, des droits sportifs susceptibles d’être abandonnés et de nouvelles économies sur les effectifs. Les 90 millions d’euros annoncés ce vendredi devraient désormais se traduire par des décisions concrètes dans les grilles et les investissements du groupe public.

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