Une note de la commission des finances du Sénat révèle le mode opératoire utilisé lors des cyberattaques ayant visé la Direction générale des finances publiques durant l’été. En circulant entre différents outils administratifs grâce à des identifiants déjà compromis, les pirates ont pu accéder aux informations personnelles de près de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels.
Lors d’une première intrusion menée entre juin et juillet, l’assaillant aurait utilisé le compte d’un agent de l’Éducation nationale pour pénétrer sur le réseau interministériel de l’État. Il aurait ensuite exploité des identifiants appartenant à des agents du fisc, probablement récupérés par des logiciels spécialisés dans le vol de mots de passe, afin d’accéder à l’application « e-contact » et d’en extraire les données.
Des failles multiples dans les systèmes de Bercy
Une deuxième attaque a été conduite entre le 27 juillet et le 8 août à partir du compte compromis d’un géomètre-expert. Elle a permis de consulter les données cadastrales de 434 564 foyers. Une troisième intrusion, détectée le 17 août, aurait exploité une vulnérabilité technique dans un outil statistique utilisé pour traiter les informations relatives aux successions vacantes.
Les sénateurs dénoncent des « fragilités structurelles » dans la sécurisation des accès et la détection des comportements anormaux. La DGFiP a depuis fermé certains accès, interdit l’utilisation d’ordinateurs personnels et annoncé l’extension de la double authentification. Des systèmes capables de détecter des consultations massives doivent également être déployés plus rapidement. L’enquête se poursuit et un suspect âgé de 18 ans a été mis en examen.

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