Les résultats de PISA 2025 sont particulièrement mauvais pour la France. Publiée ce mardi, la nouvelle édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves montre que les performances des jeunes Français de 15 ans ont encore reculé en mathématiques et en compréhension de l’écrit depuis 2022. En sciences, elles restent globalement stables. Sur les trois matières, les résultats français figurent désormais parmi les plus faibles jamais enregistrés depuis la création de PISA.
Plus de 760 000 élèves issus de 91 pays et économies ont participé à l’édition 2025. L’étude ne vérifie pas simplement des connaissances apprises par cœur : elle mesure la capacité des adolescents à utiliser leurs acquis en sciences, en mathématiques et en lecture face à des problèmes concrets.
La France au plus bas depuis le lancement de PISA
La tendance française ne laisse guère de place au doute. Les résultats de 2025 sont inférieurs à ceux de 2022 en mathématiques et en compréhension de l’écrit, tandis qu’ils sont sensiblement identiques en sciences.
Sur une période plus longue, le décrochage est encore plus visible : les résultats français dans les trois matières sont significativement inférieurs à ceux enregistrés dix ans auparavant, lors de PISA 2015.
Depuis 2015, la proportion d’élèves français n’atteignant pas le niveau minimal attendu a augmenté de 12 points en mathématiques, 11 points en lecture et 4 points en sciences.
La France reste néanmoins proche de la moyenne des pays de l’OCDE dans les trois matières. Ce constat ne traduit donc pas une exception française : une grande partie des pays développés connaît elle aussi une baisse importante des performances scolaires.
Plus d’un élève français sur trois en difficulté en mathématiques
Les chiffres donnent la mesure du problème. En mathématiques, seulement 64% des élèves français atteignent au moins le niveau 2, considéré comme le seuil minimal de compétences par PISA.
Cela signifie qu’environ 36% des jeunes Français de 15 ans restent sous ce niveau. La moyenne des pays de l’OCDE n’est guère meilleure, puisque 65% des élèves y atteignent au moins le niveau 2.
Les très bons élèves deviennent également rares. Seulement 5% des Français atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques, contre 8% dans l’ensemble de l’OCDE.
L’écart avec les meilleurs systèmes éducatifs est considérable : 37% des élèves de Singapour atteignent ces niveaux, 32% à Taïwan, 29% à Macao, 23% en Corée du Sud et 22% au Japon.
Un tiers des élèves sous le niveau attendu en lecture
Le constat est presque aussi préoccupant en compréhension de l’écrit. 67% des élèves français atteignent au moins le niveau 2, contre 69% dans l’ensemble de l’OCDE.
Autrement dit, un élève français sur trois environ n’atteint pas le niveau minimal attendu en lecture à 15 ans.
PISA considère qu’au niveau 2, un adolescent doit notamment être capable d’identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne, de retrouver des informations en suivant certains critères et de réfléchir à la forme ou à l’objectif d’un texte.
Là encore, les élèves excellents sont peu nombreux : 5% seulement atteignent le niveau 5 ou davantage en lecture, contre 6% dans l’OCDE.
Les sciences résistent mieux
Les sciences constituent le domaine dans lequel la situation française se dégrade le moins. Les performances sont restées à peu près stables entre 2022 et 2025.
74% des élèves français atteignent au moins le niveau 2 en sciences, exactement comme dans la moyenne des pays de l’OCDE. La proportion d’élèves très performants atteint également 7%, identique à la moyenne de l’OCDE.
Mais sur 10 ans, le niveau français en sciences a lui aussi diminué. Les résultats de 2025 restent significativement inférieurs à ceux obtenus en 2015.
Des inégalités sociales toujours très fortes
PISA 2025 confirme également l’importance de l’origine sociale dans les performances scolaires françaises.
En sciences, les 25% d’élèves français les plus favorisés obtiennent en moyenne 100 points de plus que les 25% les plus défavorisés. Dans l’ensemble de l’OCDE, cet écart est de 85 points.
La particularité française tient également à l’évolution des meilleurs élèves. Depuis 2015, l’écart entre les élèves favorisés et défavorisés s’est réduit, mais pas nécessairement pour une bonne raison : les performances des élèves favorisés ont baissé tandis que celles des élèves défavorisés sont restées globalement stables.
Les écrans et les distractions numériques dans le viseur
L’édition 2025 s’intéresse particulièrement au numérique. Dans l’ensemble de l’OCDE, 28% des élèves déclarent que leurs camarades sont systématiquement ou presque systématiquement distraits par des appareils numériques pendant les cours de sciences.
La question prend une résonance particulière en France. Depuis cette rentrée, les téléphones portables sont interdits dans tous les lycées, après les écoles et collèges. La mesure concerne une rentrée scolaire réunissant 11,6 millions d’écoliers, collégiens et lycéens. PISA ne conclut cependant pas que tout usage du numérique fait baisser le niveau. L’étude distingue son utilisation pédagogique des distractions provoquées par les appareils personnels.
Édouard Geffray reconnaît un « phénomène de fond »
Face aux résultats français, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a reconnu l’existence d’un problème dépassant une simple mauvaise édition de PISA. Il évoque « un phénomène de fond » et estime notamment qu’« on aurait dû s’interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège ».
Le gouvernement avait déjà placé la rentrée 2026 sous le signe d’un retour de l’exigence, notamment autour du baccalauréat et des apprentissages fondamentaux. La question du niveau et de l’exigence scolaire était déjà au cœur des mesures annoncées pour la rentrée.
Une baisse qui dépasse largement la France
Le décrochage français s’insère enfin dans une dégradation beaucoup plus large. Dans les pays de l’OCDE, les résultats moyens en mathématiques et en lecture atteignent leurs plus faibles niveaux jamais mesurés par PISA.
Un élève de 15 ans sur cinq dans l’OCDE présente désormais un niveau insuffisant simultanément en sciences, en mathématiques et en lecture, contre 16% lors de l’édition 2022.
Pour la France, le résultat de PISA 2025 reste néanmoins particulièrement préoccupant : les scores en mathématiques et en compréhension de l’écrit n’avaient jamais été aussi faibles depuis le lancement de l’enquête en 2000. Après le décrochage spectaculaire observé en 2022, aucun rebond n’a eu lieu. Au contraire, en mathématiques et en lecture, la baisse s’est poursuivie.
