Invité d’Europe 1 ce lundi matin, Michel-Édouard Leclerc a plaidé pour une taxation de l’intelligence artificielle et des technologies qui remplacent progressivement une partie du travail humain. Le président du comité stratégique des centres E.Leclerc propose de transférer une partie du financement de la protection sociale du travail vers les outils numériques.
« Taxons les IA », a lancé Michel-Édouard Leclerc. Son raisonnement : salariés et employeurs versent aujourd’hui des cotisations sociales pour financer notamment les retraites, tandis que les intelligences artificielles et les robots peuvent progressivement effectuer une partie de leur travail sans contribuer au système.
« Ils vont vous piquer du travail et ne paieront pas votre retraite »
Prenant l’exemple des smartphones, capables de remplacer en partie des photographes, des secrétaires ou certains services autrefois assurés par d’autres professionnels, Michel-Édouard Leclerc propose de faire contribuer ces technologies. Il évoque une taxation de l’ordre de « 5 ou 6 % », qui permettrait selon lui de réduire parallèlement les prélèvements pesant sur le travail et de dégager davantage de marge pour les salaires.
Le dirigeant a également abordé la situation de l’agriculture française. Se disant favorable à une « préférence française », il assure être prêt à acheter certains produits agricoles plus cher à condition de connaître leur provenance. Il juge ainsi « inadmissible » que l’indication de l’origine des produits ne soit pas davantage imposée aux industriels, restaurateurs ou grossistes.
Enfin, Michel-Édouard Leclerc a décrit des consommateurs devenus plus prudents dans leurs dépenses et plus attentifs à la composition des produits. Dans un contexte de tensions économiques, le distributeur estime que cette évolution pourrait favoriser une consommation « plus intelligente », à condition que les produits restent accessibles.

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