À sept mois de la présidentielle française, Bruxelles commence déjà à anticiper les conséquences d’une éventuelle victoire de Marine Le Pen. Selon le Financial Times, plusieurs gouvernements européens cherchent à accélérer certains dossiers stratégiques avant le scrutin français, de peur qu’une arrivée du Rassemblement national à l’Élysée ne bouleverse profondément les équilibres de l’Union européenne.
Marine Le Pen est aujourd’hui largement en tête des intentions de vote au premier tour dans plusieurs scénarios testés. Une situation qui n’est évidemment pas passée inaperçue à Bruxelles, où la France reste l’un des États les plus influents de l’Union européenne.
Selon le Financial Times, plusieurs responsables européens souhaitent donc avancer rapidement sur certains dossiers avant l’élection française, notamment le prochain budget pluriannuel de l’Union, la politique agricole commune ou encore plusieurs textes liés au climat.
La crainte d’un blocage français
L’inquiétude européenne vient des positions défendues depuis plusieurs années par Marine Le Pen et le Rassemblement national. La candidate souhaite notamment réduire la contribution française au budget européen, redonner davantage de compétences aux États en matière d’immigration et de politique étrangère et revenir sur plusieurs mesures écologiques européennes.
Une victoire de Marine Le Pen pourrait ainsi compliquer l’adoption de certains textes nécessitant l’accord des États membres ou modifier profondément la position française dans les négociations.
Le calendrier budgétaire européen est particulièrement sensible. Le prochain cadre financier doit déterminer les grandes orientations des dépenses de l’Union pour plusieurs années, et plusieurs capitales souhaiteraient éviter que les discussions les plus importantes ne soient encore ouvertes après la présidentielle française.
L’Élysée dément toute stratégie liée à Le Pen
La présidence française conteste cependant l’idée selon laquelle Paris chercherait à accélérer les négociations européennes spécifiquement à cause de la présidentielle.
Des diplomates européens reconnaissent néanmoins que l’incertitude politique française pèse désormais sur les discussions à Bruxelles.
La campagne présidentielle française commence ainsi à produire des effets bien au-delà des frontières nationales. À mesure que le scrutin approche, l’hypothèse d’une Marine Le Pen à l’Élysée n’est plus seulement un sujet de politique intérieure : elle devient également un scénario de travail pour les institutions européennes.

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