Les entretiens politiques diffusés sur les plateformes pourraient être soumis à de nouvelles règles pour la présidentielle de 2027. Le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a annoncé dans un entretien à La Tribune l’ouverture d’une concertation avec les créateurs de contenus disposant des audiences les plus importantes. Le régulateur s’interroge sur les garanties à apporter à ces émissions, devenues des lieux de passage pour les responsables politiques.
La démarche reste exploratoire : aucune obligation nouvelle ni calendrier d’application précis n’ont été annoncés. Martin Ajdari indique également que l’encadrement envisagé serait différent de celui des médias traditionnels. L’enjeu consiste à tenir compte de l’influence de ces formats audio et vidéo, publiés directement en ligne, sans leur appliquer automatiquement les contraintes des radios et des télévisions.
Des audiences importantes, des obligations différentes
Les podcasts et interviews des créateurs ne sont actuellement pas soumis aux mêmes exigences de pluralisme, d’équité et d’égalité du temps de parole que les médias audiovisuels traditionnels. Ils doivent néanmoins respecter les restrictions de communication liées à la période de silence électoral, rappelle le président de l’Arcom. La concertation porte donc sur un éventuel renforcement de leur cadre, plutôt que sur l’application d’un dispositif déjà arrêté.
Cette différence de traitement devient plus visible à mesure que les personnalités politiques investissent ces espaces. Des chaînes comme Legend, portée par Guillaume Pley, ou celle de Sam Zirah réunissent plusieurs millions d’abonnés sur YouTube. HugoDécrypte et Gaspard G illustrent également les passerelles entre création numérique et médias traditionnels. Pour l’Arcom, certaines émissions disposent désormais d’une audience comparable à celle de chaînes de la TNT.
Trouver un cadre adapté aux interviews en ligne
Martin Ajdari place l’honnêteté et l’équité au centre de la réflexion. Mais les contenus concernés présentent des caractéristiques très différentes : entretiens longs, émissions de divertissement accueillant des élus ou rendez-vous consacrés à l’actualité. La concertation devra préciser quels formats pourraient être concernés et quelles garanties seraient adaptées à leurs pratiques éditoriales.
À l’approche de la présidentielle, cette initiative ouvre ainsi un débat sur les conditions d’exposition des candidats en ligne. Pour les créateurs, un éventuel encadrement pourrait modifier la préparation des invitations et le suivi de leurs émissions pendant la campagne. Pour le régulateur, il reste à définir des règles compréhensibles et applicables à un secteur dont les audiences, les moyens et les modes de diffusion diffèrent fortement.

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