Candidat à l’élection présidentielle de 2027, David Lisnard précise sa ligne : moins de bureaucratie, moins de dépenses publiques, davantage de liberté économique et un État recentré sur ses missions régaliennes. En déplacement en Corse ce week-end, le maire de Cannes a également défendu une profonde décentralisation, estimant que « l’État centralisateur ne fonctionne plus ».
À mesure que l’élection présidentielle de 2027 approche, David Lisnard entend installer une ligne politique singulière dans le débat à droite. Le maire de Cannes, président de l’Association des maires de France et fondateur de Nouvelle Énergie, assume un programme résolument libéral sur le plan économique et décentralisateur sur le plan institutionnel.
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le candidat a posé un diagnostic radical : « le modèle de l’État-providence est mort ». Selon lui, le système français, largement construit pendant les Trente Glorieuses, n’est plus adapté aux réalités économiques, démographiques et budgétaires du pays.
David Lisnard dénonce notamment la progression continue de la dépense publique et une administration devenue, à ses yeux, trop envahissante. Il s’en prend également à la politique du « quoi qu’il en coûte » mise en œuvre pendant la crise sanitaire et prolongée, selon lui, bien au-delà de l’urgence.
« Le “quoi qu’il en coûte” est devenu le n’importe quoi qu’il en coûte. Quand nos voisins réduisaient la voilure après le Covid, nous avons continué à dépenser l’argent de nos enfants et nos petits-enfants », déplore-t-il.
Son projet repose sur une équation assumée : réduire la dépense et la bureaucratie afin de diminuer les prélèvements et de redonner des marges de manœuvre aux Français et aux entreprises. « Je veux faire en sorte qu’on gagne plus notre vie quand on bosse, ce qui nécessite de cotiser moins », explique-t-il.
Moins d’État administratif, davantage d’État régalien
Loin de prôner la disparition de l’État, David Lisnard défend plutôt son recentrage. Moins présent dans la réglementation de la vie quotidienne et de l’économie, mais davantage concentré sur la sécurité, la justice, les frontières et les grandes infrastructures.
Cette philosophie se retrouve dans ses propositions sur l’immigration. Le candidat souhaite notamment traiter les demandes d’asile hors du territoire européen, rétablir le délit de séjour irrégulier et expulser les étrangers condamnés ainsi que les personnes étrangères fichées S.
« Il faut cesser de subventionner des structures qui font le jeu des passeurs », affirme-t-il, plaidant pour une politique migratoire sensiblement plus ferme.
Mais l’une des principales ruptures proposées par David Lisnard concerne surtout l’organisation territoriale du pays. Présent samedi 8 août à la foire de Baracci, à Olmeto, en Corse, où il possède des attaches familiales du côté maternel, le président de l’AMF a développé sa conception de la décentralisation.
Son constat est là encore sévère : « l’État centralisateur ne fonctionne plus ».
Face au débat sur l’autonomie de la Corse, David Lisnard refuse cependant de multiplier les promesses spécifiques à l’île. « Je ne suis pas là pour flatter la “corsitude” », prévient-il. Il reconnaît la singularité historique, culturelle et insulaire de la Corse, mais souhaite inscrire sa réponse dans une réforme beaucoup plus large de l’État français.
Sa doctrine tient en une formule : la « subsidiarité ascendante ». Le pouvoir doit, autant que possible, partir du terrain.
« On donne d’abord le pouvoir aux communes et, ensuite, lorsqu’on a besoin de solidarité, de moyens plus importants, on remonte vers les entités supérieures », explique le maire de Cannes.
Pour David Lisnard, une véritable décentralisation permettrait même d’éviter la multiplication des statuts particuliers. Des lois nationales moins nombreuses et recentrées sur les grands principes pourraient s’accompagner d’un transfert beaucoup plus important du pouvoir réglementaire aux collectivités territoriales.
« Si les lois étaient bien faites, moins bavardes, plus axées sur des dispositions d’ordre public, et si on transférait le pouvoir réglementaire aux collectivités territoriales, on n’aurait pas besoin de statuts particuliers et de discours sur l’autonomie », estime-t-il.
Une conception dans laquelle Paris fixe les grandes règles tandis que les territoires retrouvent une véritable capacité d’action.
Pour la Corse, David Lisnard défend parallèlement le maintien de la solidarité nationale, particulièrement en matière d’infrastructures. L’insularité justifie selon lui un effort particulier de l’État afin de garantir une forme d’égalité territoriale.
À moins d’un an de la présidentielle, le maire de Cannes cherche ainsi à construire sa candidature autour d’une cohérence idéologique claire : restaurer l’autorité de l’État là où elle est indispensable et réduire son intervention là où elle étouffe, selon lui, l’initiative individuelle et locale.
Face aux traditionnelles promesses de nouvelles dépenses, David Lisnard veut incarner une autre voie à droite : celle d’un État moins omniprésent mais plus efficace, d’une économie davantage libérée des contraintes administratives et d’un pouvoir rapproché des communes et des citoyens.
Une ligne libérale, décentralisatrice et régalienne qu’il entend désormais porter jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.
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