Sophie Binet conteste la réponse du gouvernement à la mobilisation lycéenne. Invitée sur TF1, la secrétaire générale de la CGT a critiqué la fermeture des établissements touchés par les troubles et proposé d’organiser des journées consacrées au dialogue. « L’erreur que je vois, c’est de fermer les lycées », a-t-elle déclaré, à la veille de la nouvelle journée de mobilisation prévue mardi 6 octobre.
La responsable syndicale a annoncé que des militants de la CGT seraient présents aux côtés des manifestants pour protéger leur droit à défiler en sécurité. Interrogée sur un éventuel encadrement des jeunes, elle a préféré parler de protection des manifestations. Ancienne conseillère principale d’éducation en Seine-Saint-Denis et dans les quartiers nord de Marseille, Sophie Binet estime que les personnels éducatifs doivent pouvoir ouvrir le dialogue avec les élèves.
Des journées de débat plutôt que des établissements fermés
La dirigeante de la CGT propose des journées banalisées pendant lesquelles les lycéens pourraient discuter de leurs revendications et décider collectivement de leurs modes d’action dans leurs établissements. Elle a également exprimé son soutien aux personnels et aux élèves blessés. Face aux questions sur les incendies, les dégradations et les agressions, elle a affirmé que les violences desservent les mobilisations en détournant l’attention de leurs revendications.
Sophie Binet juge tardive l’initiative de Sébastien Lecornu, qui a demandé aux ministres concernés de répondre aux difficultés exprimées par les lycéens. Elle réclame désormais des décisions assorties de financements. Selon elle, le premier signal doit être l’abandon des 1 588 suppressions de postes d’enseignants qu’elle indique voir figurer dans le projet de budget. Elle demande aussi des créations de postes de CPE et d’assistants sociaux.
La CGT refuse de faire porter la facture aux familles
Interrogée sur la proposition de Gérald Darmanin de faire payer les parents des auteurs de dégradations, Sophie Binet a dénoncé une annonce qu’elle considère comme populiste. Elle estime qu’une telle mesure pénaliserait particulièrement les familles précaires. Relancée sur le financement des réparations, elle a reconnu qu’il reposerait sur l’argent public, tout en défendant une priorité donnée à la rénovation des bâtiments scolaires.
La secrétaire générale de la CGT a enfin élargi ses critiques à Parcoursup et au manque de places dans l’enseignement supérieur. Elle demande davantage de moyens pour les lycées et les universités, considérant que les difficultés d’orientation participent au malaise des jeunes. Son intervention place ainsi les recrutements, les conditions d’étude et l’accès aux formations au centre des réponses qu’elle attend du gouvernement.

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