Nouveau rebondissement dans l’affaire de l’interpellation d’une adolescente à Metz, dont les images ont été vues plusieurs millions de fois sur les réseaux sociaux. Ce mardi, la jeune fille de 14 ans a été entendue par l’Inspection générale de la police nationale. Selon le procureur de la République de Metz, David Touvet, elle a réfuté avoir subi des violences ou une agression sexuelle de la part du policier filmé lors de son interpellation. Le fonctionnaire a, de son côté, déposé plainte pour diffamation publique.
L’affaire avait pris une ampleur considérable en quelques heures. Une vidéo d’une douzaine de secondes, filmée lundi 5 octobre pendant la mobilisation des lycéens, montre un policier en civil maintenant l’adolescente au sol. Sa main touche les cheveux de la jeune fille avant de descendre brièvement au niveau de sa poitrine. Ces images avaient immédiatement provoqué de nombreuses accusations d’agression sexuelle sur les réseaux sociaux.
L’adolescente entendue par l’IGPN réfute toute agression
Le parquet de Metz avait ouvert une enquête afin d’établir les circonstances exactes de l’interpellation et de déterminer si les gestes visibles sur la vidéo pouvaient constituer une agression sexuelle sur une mineure de moins de 15 ans.
L’audition de l’adolescente apporte désormais un élément essentiel à l’enquête. David Touvet indique : « Interrogée ce jour par l’IGPN, la jeune fille a réfuté tout acte de violence et tout acte d’agression sexuelle sur sa personne dans le cadre de son interpellation. »
Le représentant légal de l’adolescente a également été entendu. Il n’a déposé aucune plainte contre le policier. L’enquête n’est toutefois pas close : l’IGPN poursuit ses investigations afin d’établir l’ensemble des circonstances de l’interpellation.
Une vidéo devenue virale en quelques heures
La vidéo avait été massivement relayée dès lundi soir. Sur les images, le policier en civil maintient la jeune fille au sol et pose d’abord sa main sur sa tête. Sa main descend ensuite au niveau de sa poitrine pendant que l’adolescente tente de se dégager. La courte durée de la vidéo et l’angle de prise de vue ont conduit le parquet à vouloir faire authentifier et analyser les images.
Plusieurs responsables politiques, notamment à La France insoumise, avaient rapidement réagi. La députée Sophia Chikirou avait notamment estimé que « le geste de ce policier sur cette enfant n’est pas innocent ni accidentel » et interpellé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
D’autres messages publiés sur les réseaux sociaux étaient encore plus affirmatifs. L’un d’eux, massivement partagé, accusait directement le fonctionnaire de « caresser les cheveux et la poitrine » de l’adolescente et affirmait que « la répression violente de la police s’accompagne aussi d’agressions sexuelles ».
Le policier dépose plainte pour diffamation publique
Face aux accusations diffusées publiquement, le fonctionnaire a décidé d’engager à son tour une procédure judiciaire. Le procureur de Metz confirme : « Le policier mis en cause a déposé plainte ce jour du chef de diffamation publique envers un dépositaire de l’autorité publique par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique. »
Cette plainte a été jointe à l’enquête en cours. Elle intervient alors que le visage du fonctionnaire n’avait pas été masqué dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et que celui-ci avait été directement accusé d’avoir commis une agression sexuelle.
L’auteur de la diffusion de la vidéo recherché
L’enquête ne concerne donc plus uniquement les gestes du policier lors de l’interpellation. Les enquêteurs cherchent également à retracer la diffusion de la vidéo devenue virale. « Les investigations se poursuivent afin notamment d’identifier l’auteur de la diffusion de la vidéo », précise le procureur de la République.
L’Office anti-cybercriminalité, rattaché à la division de la criminalité organisée et spécialisée de la Moselle, apporte son concours à l’IGPN pour les investigations techniques. Le parquet prendra ensuite une décision après réception de l’intégralité de la procédure.
La jeune fille avait été placée en garde à vue
L’adolescente avait été interpellée lundi en marge du mouvement lycéen à Metz. Elle avait ensuite été placée en garde à vue notamment pour des faits de dégradations et de participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations.
À ce stade, son audition devant l’IGPN modifie substantiellement les éléments connus publiquement de l’affaire : la jeune fille filmée réfute elle-même avoir été victime de violences ou d’une agression sexuelle pendant son interpellation et son représentant légal n’a pas porté plainte. Cela ne met pas automatiquement fin à l’enquête ouverte par le parquet, qui doit déterminer de manière indépendante la nature exacte des gestes visibles sur la vidéo.
Le policier reste donc visé par les investigations sur les conditions de l’interpellation, tandis que sa propre plainte pour diffamation est désormais intégrée à la procédure. L’enquête devra également déterminer qui a diffusé les images à l’origine d’une polémique nationale et d’accusations devenues virales en quelques heures.

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