Le DJ et producteur américain Cevin Fisher est mort jeudi à l’âge de 63 ans, des suites d’un cancer. Figure historique de la house new-yorkaise, il avait marqué les années 1990 avec des titres devenus cultes, notamment The Freaks Come Out, (You Got Me) Burning Up et Music Saved My Life. Sa disparition endeuille le monde de la musique électronique, auquel il avait consacré plus de 40 ans de sa vie.
Né Kevin Fisher le 26 octobre 1963 à East Orange, dans le New Jersey, Cevin Fisher est décédé seulement trois jours après son 63e anniversaire. Le musicien avait récemment été diagnostiqué d’un cancer, contre lequel il a lutté pendant une courte période. Sa famille a confirmé sa disparition ce vendredi. Il laisse derrière lui son épouse Theresa, ses enfants et plusieurs proches.
Cevin Fisher était considéré comme l’un des pionniers de la house music américaine. Producteur, remixeur et DJ, il avait contribué à populariser un son mêlant rythmes puissants, percussions tribales et voix gospel ou soul. Ses productions avaient largement dépassé les frontières des États-Unis pour devenir des incontournables des clubs européens.
Du mythique Paradise Garage aux plus grands clubs du monde
Cevin Fisher avait commencé sa carrière très jeune, en mixant notamment dans le bar de son père, avant de décrocher sa première résidence à seulement 17 ans au Club Zanzibar de Newark, dans le New Jersey. Cet établissement était alors l’un des hauts lieux de la scène garage américaine, où se produisait notamment Tony Humphries.
Il avait également fréquenté le Paradise Garage et le Loft, deux clubs new-yorkais qui ont profondément marqué l’histoire de la dance music. Au contact de DJ légendaires comme Larry Levan et Tony Humphries, il avait développé son identité musicale et perfectionné sa maîtrise du mixage.
À la fin des années 1980, il avait rejoint les Shakedown Sound Studios du producteur Arthur Baker, à New York. Cette expérience lui avait permis de travailler sur des productions et des remixes pour des artistes internationaux, notamment Chaka Khan et Quincy Jones. Il avait également collaboré avec Timmy Regisford, autre personnalité importante de la scène house américaine.
« The Freaks Come Out » et « Burning Up », deux hymnes des années 1990
C’est à la fin des années 1990 que Cevin Fisher avait acquis une véritable renommée internationale. En 1998, il avait publié The Freaks Come Out, sous le nom de Cevin Fisher’s Big Freak. Le morceau, porté par une ligne de basse entraînante et des voix répétitives, était devenu un immense succès dans les clubs.
Le titre avait atteint la 34e place du classement britannique des singles. L’année suivante, Cevin Fisher avait rencontré un nouveau succès avec (You Got Me) Burning Up, enregistré avec la chanteuse américaine Loleatta Holloway, célèbre pour sa voix puissante et ses nombreuses collaborations dans la disco et la house. Le morceau avait atteint la 14e place des ventes au Royaume-Uni.
Parmi ses autres productions figurent Music Saved My Life, The Way We Used To, House Music et Love You Some More. Ses disques avaient notamment été publiés sur des labels prestigieux comme Strictly Rhythm, Defected et Subliminal Records.
Cevin Fisher avait également sorti plusieurs compilations, dont Cevin Fisher’s Nervous Tracks en 1999, avant la publication d’Underground 2000 l’année suivante.
Une carrière internationale et des liens étroits avec la France
Au cours de sa carrière, Cevin Fisher avait multiplié les prestations dans les clubs et festivals internationaux. Très présent sur la scène européenne, il s’était notamment produit à Ibiza, où ses sets avaient trouvé leur place dans les établissements les plus réputés de l’île, dont le Space.
Le producteur entretenait également un lien personnel avec la France, où il possédait une résidence à proximité du massif du Jura. Passionné de sport, il pratiquait notamment le basket-ball, la musculation et, plus récemment, le ski. Il avait également exercé comme entraîneur personnel.
Toujours actif musicalement, il avait poursuivi ses collaborations avec d’autres DJ et producteurs. En 2023, il avait notamment partagé l’affiche avec Danny Tenaglia à New York, au Knockdown Center, confirmant son attachement à la scène house américaine.
Sa disparition frappe un milieu déjà endeuillé cet été par la mort du DJ français Kavinsky, retrouvé sans vie à son domicile parisien. Figure de la French Touch, l’artiste français avait lui aussi acquis une renommée internationale, notamment grâce à son titre Nightcall, popularisé par le film Drive.
En août, les obsèques de Kavinsky avaient réuni Thomas Bangalter, Justice, Pedro Winter et Sébastien Tellier à Montmartre. Plusieurs générations de producteurs et de DJ s’étaient retrouvées pour lui rendre hommage.
Sa famille rend hommage à un homme généreux et passionné
Dans un communiqué, ses proches ont salué les qualités humaines du musicien, évoquant « sa gentillesse, son sens de l’humour communicatif et sa personnalité chaleureuse ». Ils ont également rappelé qu’il aimait faire rire son entourage et qu’il conservait dans sa vie privée l’énergie qui caractérisait ses prestations derrière les platines.
Sa famille a également souligné que sa musique continuerait d’inspirer les artistes et de faire danser le public dans le monde entier. Pour conclure son hommage, elle a repris l’une des phrases que Cevin Fisher aimait lancer pendant ses prestations : « A yo party people, we got to keep this thing going ! », autrement dit « Hé, les fêtards, il faut continuer à faire vivre tout ça ! »









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