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Jean-Jacques Goldman fête ses 75 ans: 22 ans sans concert, des problèmes aux mains et une vie loin des projecteurs

Jean-Jacques Goldman fête ses 75 ans: 22 ans sans concert, des problèmes aux mains et une vie loin des projecteurs
Jean-Jacques Goldman fête ses 75 ans: 22 ans sans concert, des problèmes aux mains et une vie loin des projecteurs

Ce dimanche, Jean-Jacques Goldman fête ses 75 ans. Le chanteur n’a plus donné de véritable concert depuis le 17 juillet 2004, aux Francofolies de La Rochelle, et son dernier album studio personnel remonte à 2001. Pourtant, ses chansons continuent d’accompagner plusieurs générations de Français. Auteur de dizaines de tubes, compositeur pour Johnny Hallyday et Céline Dion, figure historique des Enfoirés, il a choisi de quitter la scène au sommet de sa popularité. Désormais installé à Marseille, après plusieurs années passées à Londres, il serait également confronté à des problèmes aux mains qui compliqueraient un éventuel retour. Vendredi soir, deux jours avant son anniversaire, il a retrouvé Céline Dion à Nanterre, mais a refusé de la rejoindre devant les 35 000 spectateurs.

D’un magasin de sport aux sommets de la chanson française

Jean-Jacques Goldman naît le 11 octobre 1951 à Paris. Son père, Alter Mojsze Goldman, est un ancien résistant d’origine polonaise. Sa mère, Ruth Ambrunn, est également issue d’une famille juive. Le jeune Jean-Jacques grandit dans un environnement familial marqué par l’engagement et la culture. Il apprend le piano, puis la guitare, tout en poursuivant des études qui le conduisent à l’EDHEC, une école de commerce.

La blessure familiale de Jean-Jacques Goldman : son demi-frère assassiné en pleine rue à Paris

L’histoire familiale de Jean-Jacques Goldman est également marquée par un drame : l’assassinat de son demi-frère aîné, Pierre Goldman, le 20 septembre 1979, à Paris. Ancien militant d’extrême gauche, Pierre Goldman avait été condamné pour plusieurs braquages, mais acquitté en 1976 du meurtre de deux pharmaciennes, après une première condamnation à perpétuité. Trois ans plus tard, il est abattu en pleine rue, à l’âge de 35 ans, dans le 13e arrondissement de Paris. Son assassinat, revendiqué par un mystérieux groupe baptisé « Honneur de la police », n’a jamais été élucidé. Jean-Jacques Goldman, alors âgé de 27 ans et encore inconnu du grand public, perd ainsi son demi-frère deux ans avant de connaître le succès avec Il suffira d’un signe. Le chanteur, particulièrement discret sur cette tragédie familiale, n’a que très rarement évoqué publiquement Pierre Goldman, dont l’histoire a inspiré le film Le Procès Goldman, réalisé par Cédric Kahn en 2023.

Dans les années 1970, il rejoint le groupe Taï Phong, formation de rock progressif qui rencontre un premier succès en 1975 avec Sister Jane. Goldman chante alors principalement en anglais et partage son temps entre la musique et le commerce familial d’articles de sport. Il n’a pas encore trouvé la formule qui fera de lui l’un des artistes les plus populaires du pays.

Le tournant arrive en 1981 avec Il suffira d’un signe, extrait de son premier album solo. À 30 ans, Goldman découvre un succès national qui ne va plus le quitter. Les années suivantes, il enchaîne les titres devenus incontournables : Quand la musique est bonne, Comme toi, Au bout de mes rêves, Envole-moi, Encore un matin, Je marche seul, Je te donne, enregistré avec Michael Jones, ou encore Là-bas, en duo avec Sirima.

Ses albums se vendent à des millions d’exemplaires et ses tournées attirent un public considérable. Sa popularité repose autant sur ses mélodies que sur ses textes, qui abordent les relations amoureuses, la liberté, la différence, la mémoire ou les choix de vie.

Johnny Hallyday et Céline Dion : l’homme derrière leurs plus grands succès

Jean-Jacques Goldman ne se contente pas de construire sa propre carrière. Il écrit et compose pour d’autres interprètes, avec des résultats exceptionnels.

En 1986, il signe l’album Gang de Johnny Hallyday. On y retrouve notamment Je te promets, Laura, L’Envie et J’oublierai ton nom. Ces chansons deviennent des classiques du répertoire du rockeur et accompagnent ses concerts jusqu’à la fin de sa carrière.

En 1995, Goldman écrit et réalise D’eux pour Céline Dion. L’album contient notamment Pour que tu m’aimes encore, Je sais pas et J’irai où tu iras. Avec environ 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde, il devient l’album francophone le plus vendu de l’histoire.

La collaboration se poursuit avec S’il suffisait d’aimer, en 1998, puis d’autres projets. Goldman participe également au succès de Sous le vent, le duo de Céline Dion et Garou, sorti en 2001.

Son catalogue comprend aussi des chansons destinées à Florent Pagny, Patricia Kaas, Khaled, Patrick Fiori et de nombreux autres artistes. Certaines de ses compositions connaissent un succès comparable à celui de ses propres enregistrements.

Fredericks Goldman Jones : le choix de partager la lumière

En 1990, alors qu’il pourrait poursuivre exclusivement une carrière solo, Goldman décide de former un trio avec Carole Fredericks et Michael Jones. Cette nouvelle aventure repose sur le partage des voix, des compositions et de la scène.

Le premier album, Fredericks Goldman Jones, paraît en 1990 et contient notamment À nos actes manqués, Né en 17 à Leidenstadt et C’est pas d’l’amour. Le deuxième, Rouge, sort en 1993. Les tournées rencontrent un immense succès.

Dans Né en 17 à Leidenstadt, Goldman interroge les comportements individuels face aux tragédies de l’histoire. Il évoque notamment l’Allemagne nazie, l’Afrique du Sud de l’apartheid et le conflit nord-irlandais, en se demandant comment chacun aurait réagi s’il avait vécu dans ces circonstances.

La mort de Carole Fredericks, le 7 juin 2001, à l’âge de 49 ans, met définitivement fin à cette aventure collective. Goldman et Michael Jones conservent néanmoins des liens artistiques et amicaux durables.

Les Enfoirés : 30 ans d’engagement pour les Restos du Cœur

L’histoire de Jean-Jacques Goldman est indissociable de celle des Restos du Cœur. En 1986, à la demande de Coluche, il écrit et compose La Chanson des Restos, destinée à soutenir l’association créée en 1985.

Le titre est interprété par plusieurs personnalités, dont Yves Montand, Nathalie Baye, Catherine Deneuve, Michel Platini et Michel Drucker. Il devient rapidement l’hymne de l’association.

Goldman joue ensuite un rôle essentiel dans le développement des concerts des Enfoirés. Pendant près de 30 ans, il participe à la préparation des spectacles, aux arrangements musicaux, à l’écriture des chansons collectives et à la mobilisation des artistes.

En 2016, il annonce son retrait de la troupe, estimant qu’il est temps de passer le relais à une nouvelle génération. Les spectacles se poursuivent sans lui, mais son nom reste profondément associé à cette aventure caritative.

17 juillet 2004 : le dernier concert, sans que le public le sache

En novembre 2001, Jean-Jacques Goldman publie Chansons pour les pieds, son dernier album studio sous son nom. Le disque contient notamment Ensemble, Tournent les violons et Les choses. Il confirme son goût pour les arrangements variés et les influences musicales multiples.

En 2002, il effectue sa dernière grande tournée, qui s’achève le 10 décembre à Bordeaux. Le public ignore alors que Goldman ne repartira plus sur les routes pour défendre un nouvel album.

Mais contrairement à une idée répandue, son dernier véritable concert ne date pas de 2002. Le 17 juillet 2004, il se produit aux Francofolies de La Rochelle, à l’occasion d’un hommage à Jean-Louis Foulquier, fondateur du festival. Il retrouve ses musiciens et donne une prestation d’environ une heure, avant de participer à une soirée collective réunissant notamment Renaud, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Véronique Sanson, Zazie et Maurane.

Cette soirée constitue son dernier véritable concert avec ses musiciens de tournée. Goldman ne l’annonce pas comme un adieu et ne cherche pas à transformer ce rendez-vous en événement consacré à sa retraite.

Depuis, il n’a jamais entrepris de nouvelle tournée. Les rumeurs de retour se succèdent, mais le chanteur a régulièrement fait comprendre qu’il ne souhaitait plus retrouver les exigences de la scène.

Des problèmes aux mains qui l’empêcheraient désormais de jouer de la guitare

Au-delà de sa volonté de s’éloigner des projecteurs, Jean-Jacques Goldman serait confronté depuis plusieurs années à des difficultés physiques qui compliqueraient un éventuel retour sur scène.

Dès 2021, son ami d’enfance Jean Bender expliquait que le chanteur ne touchait plus d’instrument et que ses mains avaient perdu une partie de leur agilité. Lui qui avait construit une grande partie de sa carrière autour de la guitare et du piano ne disposerait plus de la même aisance pour jouer.

Des problèmes articulaires, parfois présentés comme de l’arthrite ou de l’arthrose, ont également été évoqués dans son entourage. Goldman n’a toutefois pas confirmé publiquement de diagnostic médical, et il convient de distinguer ces difficultés rapportées d’une maladie formellement établie.

La question de la voix se poserait également. Après de nombreuses années sans concerts, retrouver le niveau d’entraînement nécessaire pour assurer un spectacle représenterait un effort considérable.

Ces difficultés ne peuvent pas expliquer son retrait initial, décidé bien avant leur révélation. Elles pourraient en revanche contribuer à expliquer pourquoi, à 75 ans, Goldman ne souhaite plus envisager de retour.

Son refus de remonter sur scène tient aussi à une conviction personnelle : il ne veut pas proposer au public un spectacle qui ne correspondrait plus à ses propres exigences artistiques. Le chanteur préfère préserver le souvenir de ses concerts plutôt que de chercher à retrouver coûte que coûte les sensations de ses années de gloire.

De Londres à Marseille, une retraite discrète

Jean-Jacques Goldman a toujours cherché à protéger sa vie privée. Marié une première fois à Catherine Morlet, avec laquelle il a trois enfants, il épouse ensuite Nathalie Thu Huong-Lagier en 2001. Le couple a également trois filles. Le chanteur est donc père de six enfants.

En 2016, il quitte Marseille pour s’installer à Londres avec son épouse et leurs filles. Ce départ alimente les interrogations sur sa volonté de s’éloigner de la vie publique française. Il ne s’agit cependant pas d’une installation définitive au Royaume-Uni.

Après plusieurs années dans la capitale britannique, Goldman revient vivre à Marseille. Il retrouve une ville à laquelle il est profondément attaché et mène une existence discrète, notamment dans le quartier du Roucas-Blanc.

En septembre 2026, Soprano évoque à la télévision le quotidien du chanteur, qui conserve des habitudes simples et continue de fréquenter les lieux ordinaires de la cité phocéenne.

Goldman n’entretient aucune présence médiatique permanente, ne multiplie pas les interviews et ne cherche pas à promouvoir continuellement son catalogue. Cette discrétion contraste avec l’omniprésence de ses chansons dans la vie culturelle française.

Vendredi 9 octobre 2026 : Goldman retrouve Céline Dion à Nanterre, mais refuse de monter sur scène

Deux jours avant son 75e anniversaire, Jean-Jacques Goldman a effectué une sortie remarquée par sa discrétion. Vendredi 9 octobre, il a assisté au concert de Céline Dion à la Plenitude Arena de Nanterre, dans le cadre de la série de 16 représentations de la chanteuse québécoise.

Accompagné de son épouse et de plusieurs de ses enfants, il a pris place dans la salle pour assister au spectacle, devant environ 35 000 spectateurs. Il est également allé saluer Céline Dion dans sa loge avant le concert.

Les deux artistes entretiennent une relation artistique exceptionnelle depuis les années 1990. Goldman a écrit trois albums pour la chanteuse, dont D’eux, et plusieurs de ses compositions occupent une place essentielle dans son répertoire.

Malgré cette proximité, Goldman n’a pas rejoint Céline Dion sur scène. La chanteuse avait pourtant souhaité le retrouver pour un duo à l’occasion de son retour devant le public français. Il a décliné cette proposition.

Sa présence dans la salle confirme néanmoins que le compositeur conserve des liens étroits avec les artistes qu’il a accompagnés. Il continue de s’intéresser à la musique et aux projets de ses proches, sans souhaiter retrouver lui-même l’exposition médiatique.

À 75 ans, une popularité que 22 années d’absence n’ont pas effacée

Depuis son dernier véritable concert en 2004, Jean-Jacques Goldman n’a jamais organisé de retour comparable à ceux de nombreuses autres vedettes. Il n’a pas publié de nouvel album studio personnel depuis 2001 et a progressivement abandonné les apparitions publiques.

Pourtant, ses chansons continuent d’être diffusées à la radio, reprises à la télévision, interprétées lors de concerts et écoutées sur les plateformes numériques. Quand la musique est bonne, Envole-moi, Je te donne, Puisque tu pars ou Il suffira d’un signe appartiennent désormais au patrimoine de la chanson française.

Goldman a également occupé pendant de nombreuses années la première place du classement des personnalités préférées des Français, malgré son absence prolongée de la scène médiatique.

À 75 ans, il conserve ainsi un statut rare dans le monde du spectacle : celui d’un artiste qui n’a plus besoin de se produire pour continuer d’exister dans la mémoire collective. Son anniversaire, ce dimanche 11 octobre, rappelle l’ampleur de son œuvre et le lien qu’il a construit avec plusieurs générations de Français.

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