Juan Orlando Hernandez a atterri dimanche au Honduras, quatre ans après son extradition vers les États-Unis où il avait été condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue. Sa grâce présidentielle accordée par Donald Trump ne le met pas à l’abri de poursuites judiciaires dans son propre pays.
L’avion s’est posé à l’aéroport international de Palmerola sous les acclamations de dizaines de partisans du Parti national. Juan Orlando Hernandez, qui a dirigé le Honduras de 2014 à 2022, a retrouvé sa famille sur le tarmac après plusieurs années d’incarcération aux États-Unis. « Je ne peux pas nier l’émotion profonde et la joie que je ressens en rentrant chez moi », avait-il écrit sur les réseaux sociaux quelques jours avant son retour. « Ce n’était pas facile. Le processus a été extrêmement difficile… et ce que j’ai vécu en prison, je ne le souhaiterais vraiment à personne. »
Trump lui avait accordé une grâce présidentielle en décembre, affirmant qu’il n’avait pas bénéficié d’un procès équitable et qu’il avait été piégé par l’administration de Joe Biden. Hernandez avait pourtant été reconnu coupable de trafic de stupéfiants à New York, où un procureur avait cité ses propres mots lors d’une réunion avec des trafiquants : il aurait déclaré qu’ils allaient « fourrer la drogue directement dans le nez des gringos ».
Autrefois présenté comme un allié de Washington dans la « guerre contre la drogue », l’ancien chef d’État doit désormais comparaître devant la justice hondurienne le 3 août prochain pour des chefs d’accusation de fraude et de blanchiment d’argent. Mais son retour ne s’est pas accompagné d’une arrestation : un mandat avait été suspendu en juin, ce qui inquiète les défenseurs des droits humains.
« Tout indique que cette suspension est la première étape », analyse Joaquin Mejia, avocat et chercheur au sein de l’organisation de défense des droits humains Équipe de réflexion, de recherche et de communication. « Il va arriver, ils vont probablement lui imposer des mesures alternatives à l’emprisonnement pour sauver les apparences, et il s’en sortira sans problème, sans sanction. » Mejia ajoute qu’« une majorité sociale est indignée mais ne s’exprime pas par peur », qualifiant Hernandez de « patron de tous les patrons de la drogue ».
L’enquête des Pandora Papers avait par ailleurs mis en cause Hernandez et d’autres hauts responsables dans le détournement de près de 11 millions de dollars de fonds publics vers des campagnes politiques entre 2010 et 2013, dont une partie aurait financé sa première candidature à la présidence. L’ancien président Porfirio Lobo et l’ex-ministre des Finances Wilfredo Cerrato, également impliqués dans cette affaire, ont vu les charges retenues contre eux abandonnées.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.