François Bayrou comparaîtra à partir de mercredi devant la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du MoDem. Poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics, le dirigeant centriste avait été relaxé en première instance en février 2024, au bénéfice du doute. L’appel du parquet ouvre désormais un nouveau chapitre judiciaire près de dix ans après le début de l’enquête.
L’accusation soupçonne l’UDF puis le MoDem d’avoir utilisé des fonds du Parlement européen pour rémunérer, entre 2005 et 2017, des assistants qui auraient en réalité travaillé pour les partis. Dix contrats, représentant environ 250 000 euros, avaient finalement été retenus par le tribunal. Le MoDem avait été condamné à une amende de 300 000 euros, tandis que plusieurs anciens eurodéputés et cadres avaient reçu des peines de prison avec sursis, des amendes et des sanctions d’inéligibilité.
Un procès décisif pour l’héritage politique de Bayrou
En première instance, les juges avaient reconnu l’existence de détournements mais estimé qu’aucune preuve ne démontrait que François Bayrou avait demandé la mise en place d’emplois fictifs ou connaissait la non-exécution des contrats. Le tribunal avait jugé probable que certaines décisions aient été prises avec son autorisation, sans considérer que cette hypothèse était suffisamment établie pour prononcer une condamnation.
Ce procès en appel intervient alors que François Bayrou a déjà renoncé à participer à l’élection présidentielle de 2027. Après son départ de Matignon, l’affaire Bétharram et la perte de la mairie de Pau, son avenir à la tête du MoDem apparaît également fragilisé. Une nouvelle relaxe pourrait lui permettre de peser davantage dans la recherche d’un candidat central pour 2027, tandis qu’une condamnation risquerait d’accélérer la bataille pour sa succession.

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