Le tribunal administratif de Caen a suspendu, lundi 31 août, la décision prise par la mairie de Deauville de retirer une photographie consacrée à Gaza. Présentée dans le cadre du festival Deauville Sport Images, l’œuvre du photojournaliste Jehad Alshrafi montre deux équipes disputant un match de football au milieu d’immeubles détruits. Elle devait rester visible jusqu’au 6 septembre, mais avait été discrètement décrochée le 20 août.
Pour justifier cette mesure, la municipalité invoquait la nécessité de préserver l’ordre public. Son avocate a notamment évoqué des réactions haineuses apparues sur les réseaux sociaux, sans toutefois apporter de précisions suffisantes sur leur contenu ou leur origine. Saisi en urgence par l’Observatoire de la liberté de création, le juge a considéré que la commune n’avait démontré l’existence d’aucun incident concret depuis l’ouverture de l’exposition, le 6 juin.
L’argument de l’ordre public jugé insuffisant
Dans son ordonnance, la justice estime que le retrait de l’image ne constituait pas une réponse nécessaire, adaptée et proportionnée à une menace réelle. Cette décision rappelle que la simple crainte d’une polémique ne suffit pas à justifier la disparition d’une œuvre exposée dans l’espace public. L’affaire dépasse ainsi le cadre du festival et pose directement la question de la liberté de création face aux pressions politiques ou numériques.
La photographie pourrait toutefois ne pas retrouver immédiatement son emplacement. La mairie affirme avoir besoin de six jours pour la faire réimprimer sur une nouvelle bâche, laissant planer le doute sur une réinstallation avant la fermeture du festival. L’Observatoire de la liberté de création demande désormais son retour dans les plus brefs délais et prévient qu’il pourrait engager de nouvelles démarches si l’œuvre avait été détruite. La municipalité n’avait pas encore réagi publiquement à la décision judiciaire lundi soir.
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