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Visas : comment travailler et rester durablement en Angleterre en 2026

Visas : comment travailler et rester durablement en Angleterre en 2026
Visas : comment travailler et rester durablement en Angleterre en 2026

Depuis le Brexit, un Français ne peut plus s’installer librement en Angleterre pour y travailler. En août 2026, plusieurs visas permettent encore de construire un projet durable au Royaume-Uni, mais la plupart exigent un emploi qualifié, un employeur agréé, des ressources suffisantes ou un lien familial.

L’ETA ne permet ni de travailler ni de s’installer

Depuis le 25 février 2026, un ressortissant français doit posséder une autorisation électronique de voyage, ou ETA, avant de se rendre au Royaume-Uni sans visa. Cette autorisation coûte 16 livres sterling et reste valable pendant deux ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport. Elle permet d’effectuer plusieurs séjours, généralement limités à six mois, pour le tourisme, les visites familiales ou certaines activités professionnelles ponctuelles. Elle ne donne aucun droit de résidence et ne permet pas d’occuper un emploi britannique. Une personne entrée comme visiteur ne peut donc pas s’installer à Londres, travailler pour une plateforme de livraison ou attendre indéfiniment de trouver un employeur. Le gouvernement britannique rappelle que les voyageurs français doivent désormais obtenir cette autorisation avant leur départ.

Les citoyens européens ayant obtenu un statut « settled » ou « pre-settled » dans le cadre de l’EU Settlement Scheme conservent leur droit de vivre et de travailler au Royaume-Uni. Ce dispositif concerne principalement les personnes qui y résidaient avant le 31 décembre 2020, ainsi que certains membres de leur famille. Pour un Français qui souhaite s’installer pour la première fois en 2026, la nationalité européenne ne constitue plus un avantage particulier : il faut obtenir un visa avant de commencer à travailler. Entrer avec une ETA puis exercer une activité rémunérée expose à une rupture du droit au séjour, à un refus lors d’une future demande et à une interdiction d’entrée.

Le « Skilled Worker Visa », principale porte d’entrée

Le visa de travailleur qualifié reste la voie la plus courante. Le candidat doit d’abord obtenir une offre d’emploi auprès d’une entreprise agréée par le Home Office. L’employeur lui remet ensuite un certificat de parrainage correspondant à un métier autorisé. Depuis les réformes entrées en vigueur le 22 juillet 2025, l’emploi doit en principe atteindre le niveau de qualification RQF 6, comparable à un niveau licence, sauf exception prévue par les listes de pénurie. Le salaire doit normalement atteindre au moins 41 700 livres par an ou le tarif de référence du métier lorsque celui-ci est supérieur. Certains jeunes diplômés, chercheurs et titulaires de doctorats peuvent bénéficier d’un seuil réduit, mais leur rémunération doit généralement rester supérieure à 33 400 livres. Depuis janvier 2026, les nouveaux candidats à plusieurs visas professionnels doivent également démontrer un niveau d’anglais B2. Les conditions actualisées du « Skilled Worker Visa » sont détaillées par le Home Office.

Depuis l’étranger, les frais atteignent 819 livres pour un visa de trois ans au maximum et 1 618 livres pour une durée plus longue. Il faut ajouter la surtaxe de santé, fixée habituellement à 1 035 livres par année, et justifier de 1 270 livres d’épargne lorsque l’employeur ne garantit pas les frais d’installation. Un visa de cinq ans peut ainsi coûter plusieurs milliers de livres avant même le logement et le déménagement. Le titulaire reste par ailleurs dépendant de son employeur sponsor : un changement de poste ou d’entreprise peut nécessiter une nouvelle autorisation. Le détail officiel des frais doit être consulté immédiatement avant toute demande, les montants étant régulièrement réévalués.

Le visa « Scale-up Worker », une option plus flexible

Le visa « Scale-up Worker » s’adresse aux professionnels recrutés par une entreprise britannique en forte croissance agréée par le Home Office. Le candidat doit obtenir une offre pour un emploi qualifié, recevoir un certificat de parrainage et percevoir au minimum 39 100 livres par an, ou le salaire de référence de sa profession si celui-ci est supérieur. Le visa est accordé pour deux ans et impose de travailler pendant au moins six mois pour l’entreprise ayant soutenu la demande. Son coût s’élève à 937 livres, auxquels s’ajoutent la surtaxe annuelle de santé et les fonds nécessaires à l’installation.

Après les six premiers mois, le titulaire peut changer d’employeur, cumuler plusieurs activités ou devenir indépendant sans demander un nouveau parrainage. Le visa peut ensuite être prolongé pour trois ans, sous réserve de respecter les conditions de revenus. Après cinq années de résidence admissible, il peut conduire à l’« Indefinite Leave to Remain ». Cette formule offre donc davantage de liberté que le « Skilled Worker Visa », mais elle reste réservée aux profils qualifiés recrutés par une entreprise reconnue comme « scale-up ». Les conditions actualisées sont précisées par le gouvernement britannique.

De la résidence permanente à la citoyenneté britannique

Le visa familial constitue une autre possibilité lorsqu’une personne vit avec un conjoint ou partenaire britannique, irlandais ou installé durablement au Royaume-Uni. Le couple doit démontrer la réalité de sa relation, disposer d’un logement adapté et satisfaire aux conditions financières. En août 2026, le revenu annuel combiné exigé est généralement de 29 000 livres. La résidence permanente peut être demandée après cinq années continues sur la voie familiale classique. Les règles officielles prévoient également une voie de dix ans pour certaines personnes qui ne remplissent pas toutes les conditions financières, notamment lorsque leur départ porterait une atteinte disproportionnée à leur vie familiale. Un visa étudiant permet, de son côté, de travailler dans des limites précises, mais interdit normalement l’activité indépendante. Il ne constitue donc pas une solution adaptée pour exercer comme coursier à son compte.

En l’état du droit au 20 août 2026, le titulaire d’un « Skilled Worker Visa » peut demander l’« Indefinite Leave to Remain » après cinq ans de résidence qualifiante, à condition de respecter les limites d’absence, de conserver un emploi admissible et de réussir le test « Life in the UK ». La règle officielle demeure cinq années, même si le gouvernement a consulté sur un futur système fondé sur une durée de référence de dix ans et des réductions liées à la contribution ou à l’intégration. La réforme n’a pas encore remplacé les règles actuellement publiées. Pour un Français souhaitant vivre durablement en Angleterre, la stratégie la plus réaliste consiste donc à obtenir une qualification recherchée, cibler les employeurs titulaires d’une licence de sponsor et sécuriser le visa avant le départ. Le travail de livraison peut ensuite constituer une activité complémentaire lorsque le statut le permet, mais il ne peut pas être le fondement du droit de rester.

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