À partir de ce vendredi 24 juillet, des droits de douane de 10 % ou 12,5 % s’appliquent aux produits d’une soixantaine de partenaires commerciaux des États-Unis, accusés de ne pas avoir éliminé le travail forcé de leurs chaînes d’approvisionnement. Ces nouvelles surtaxes prennent le relais des taxes temporaires instaurées en février, arrivées à échéance à la même date.
La Maison Blanche a annoncé jeudi soir l’entrée en vigueur, dès 00 h 01 vendredi (04 h 01 GMT), de nouveaux droits de douane frappant les importations en provenance d’une soixantaine de pays. Le taux retenu est de 10 % pour les partenaires dont la législation sur le travail forcé est jugée insuffisante par Washington, et de 12,5 % pour une quarantaine d’autres dont la réglementation est considérée comme encore plus lacunaire.
Parmi les pays soumis au taux de 10 % figurent les États membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Mexique et le Canada. La Chine, le Japon, la Suisse et la Corée du Sud relèvent quant à eux du taux de 12,5 %. L’énergie et les matières premières non produites sur le sol américain devraient toutefois être exclues du champ d’application.
Ces surtaxes succèdent aux taxes temporaires de 10 % imposées en février dernier, elles-mêmes mises en place après que la Cour suprême a annulé la majorité des droits de douane instaurés depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025. Ces mesures temporaires, d’une durée de 150 jours, arrivaient précisément à expiration vendredi.
Le fondement juridique choisi par l’USTR (le représentant américain au Commerce), Jamieson Greer, est délibérément le même que celui qui a permis de maintenir les droits de douane sectoriels sur l’acier, l’aluminium, le cuivre, le bois de construction et l’automobile, lesquels n’avaient pas été invalidés par la Cour suprême. La Maison Blanche entend ainsi prémunir ces nouvelles mesures contre un éventuel recours judiciaire.
Greer a justifié ces surtaxes sur CNN : « Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits. D’autres pays n’ont pas les processus pour identifier les entreprises qui ont recours au travail forcé, nous leur demandons de les mettre en place. » Il a ajouté : « Si vous autorisez l’importation de biens issus du travail forcé, cela crée de la concurrence déloyale envers vos propres produits. »
Pour Greta Peisch, avocate spécialiste en commerce international, l’objectif réel est « de garder la main et de maintenir la pression pour que les pays continuent d’appliquer les accords commerciaux qui ont été signés, et peut-être en négocier d’autres dans le futur ». Elle note qu’il existe « un fil rouge, même si les droits de douane varient fortement et changent de justification entre-temps ».
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une séquence offensive : lundi, le Canada a été frappé d’une surtaxe supplémentaire de 50 %, devant entrer en vigueur dans un mois. Mercredi, le Brésil a été soumis à 25 % de droits de douane sur près de la moitié de ses exportations vers les États-Unis. Dans les deux cas, Washington a opté pour une approche ciblée, ne visant qu’une partie des produits concernés plutôt que l’ensemble des exportations.
L’UE, déjà touchée par la surtaxe liée au travail forcé, est par ailleurs visée par une enquête distincte portant sur une possible surcapacité industrielle, conduite sur la base du même texte législatif.
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