L’administration Trump travaille à un plan visant à redessiner l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, en accentuant la pression sur Téhéran et en étendant la normalisation des relations avec Israël. Le projet, encore embryonnaire, pourrait structurer la politique américaine dans la région jusqu’à la fin du mandat présidentiel.
Trois axes principaux se dégagent des discussions en cours à Washington, selon deux responsables américains et deux autres sources au fait du dossier. Le premier consiste à renforcer ce que les officiels américains appellent la « convergence régionale » entre alliés des États-Unis pour dissuader et contenir l’Iran. Le deuxième vise à clore les répercussions de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël et de la guerre qui a suivi. Le troisième cherche à élargir les accords d’Abraham, tout en relançant la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.
Le volet iranien ne constituerait pas une rupture radicale avec les administrations précédentes. Depuis la révolution de 1979, Washington s’emploie à contenir l’influence de Téhéran en consolidant ses alliances avec les États du Golfe. Ce qui changerait, c’est l’ambition de formaliser ces efforts dans un cadre plus structuré, avec une coordination renforcée en matière de défense et de sécurité entre alliés régionaux.
La normalisation entre Riyad et Tel-Aviv reste, elle, au point mort. L’Arabie saoudite conditionne tout rapprochement à des avancées concrètes vers un règlement à Gaza et la création d’un État palestinien, une exigence que les négociations actuelles n’ont pas permis de satisfaire. Les accords d’Abraham, signés en 2020 lors du premier mandat de Trump avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, servent de modèle à cet élargissement.
Sur le front gazaoui, le plan envisagerait de passer à une phase suivante incluant la reconstruction de la bande de Gaza, le désarmement du Hamas et la mise en place d’une administration transitoire. Deux autres dossiers s’y greffent : un accord de sécurité entre Israël et la Syrie, dans le contexte de la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024, et la mise en œuvre d’un accord avec le Liban destiné à limiter les capacités militaires du Hezbollah, conformément au cessez-le-feu de 2024 qui prévoyait le retrait du mouvement chiite au nord du fleuve Litani. Israël accuse depuis lors le Hezbollah de reconstituer son arsenal, tandis que Beyrouth dénonce des frappes aériennes israéliennes continues sur son territoire.
Les discussions pourraient être influencées par les élections de mi-mandat américaines et par les législatives israéliennes prévues en octobre. L’une des sources consultées tempère les attentes : « Ils sont en train de le préparer, mais il n’est pas encore prêt. L’idée est de relier tout un ensemble de dossiers dans la région. On ne sait toujours pas si tous les alliés des États-Unis dans la région seront prêts à y adhérer. »

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