Paramount a accepté vendredi de geler son projet de fusion avec Warner Bros. Discovery jusqu’en juin 2027, alors qu’une coalition de douze États américains poursuit en justice pour faire annuler l’opération à 110 milliards de dollars.
L’accord a été formalisé dans un document déposé auprès d’un tribunal fédéral, quelques jours seulement après qu’une juge fédérale a temporairement bloqué la fusion. Dans sa décision, la magistrate avait estimé que le rapprochement soulevait de « sérieuses questions » quant à sa capacité à « réduire substantiellement la concurrence », jugeant que « l’équilibre des intérêts et l’intérêt public penchent nettement en faveur des États plaignants ».
Paramount, racheté l’an dernier par Skydance, contrôlé par la famille Ellison, proches alliés du président Donald Trump, a présenté cette suspension comme une victoire. « C’est la voie la plus rapide et la plus claire pour prouver que cette transaction est bonne pour la concurrence, bonne pour les consommateurs et bonne pour les créateurs », a déclaré la société. Elle y voit « un résultat exactement conforme à ce que nous recherchions dès le départ : un accès direct à un procès fondé sur les preuves ».
L’administration Trump avait pourtant approuvé la fusion le 12 juin sans exiger la moindre modification. Le rapprochement entre Paramount Skydance et Warner Bros. Discovery, maison mère de CNN et HBO, aurait mis fin à des décennies de vive concurrence entre deux des plus grands groupes médiatiques américains.
C’est la Californie qui a mené la charge judiciaire, en déposant une plainte le 13 juillet avec onze autres États, tous à direction démocrate : Arizona, Colorado, Connecticut, Massachusetts, Minnesota, Nevada, New Jersey, Nouveau-Mexique, New York, Oregon et Washington. Ces États estiment que la fusion créerait un « mastodonte médiatique » nuisible à l’industrie du divertissement.
« Nous sommes impatients de poursuivre notre plaidoyer devant les tribunaux », a déclaré vendredi le procureur général de Californie, Rob Bonta, saluant « une nouvelle victoire colossale dans notre effort pour que cette fusion illégale ne voie jamais le jour ». Sa homologue new-yorkaise, Letitia James, a quant à elle dénoncé une opération « mauvaise pour tous ceux qui comptent sur une industrie du divertissement compétitive », des travailleurs et artistes aux familles qui achètent des billets de cinéma.
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