Le rendement de référence des obligations d’État américaines à dix ans a touché 5,011 % lundi, un pic inédit depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. La pression sur les marchés obligataires s’étend à l’Europe, portée par la hausse des prix de l’énergie et la perspective de taux directeurs durablement élevés.
Le seuil psychologique de 5 % a été brièvement franchi lundi sur le marché des bons du Trésor américains à dix ans, selon les données de Dow Jones Market Data. Le rendement a atteint 5,011 % avant de repasser sous cette barre, atteignant toutefois son niveau le plus élevé depuis octobre 2023.
Plusieurs facteurs conjuguent leur effet à la hausse sur ces rendements : l’augmentation des emprunts publics américains, la solidité de la croissance économique et un volume important d’émissions de dette d’entreprise liées aux investissements dans l’intelligence artificielle. Les rendements évoluant en sens inverse des prix, la pression vendeuse sur les obligations se traduit mécaniquement par cette remontée.
Le Trésor américain a par ailleurs annoncé l’élargissement de son programme de rachat d’obligations. La semaine dernière, il a proposé de racheter jusqu’à 6 milliards de dollars de dette arrivant à échéance entre dix et vingt ans, soit trois fois la taille de l’opération précédente. Le rendement du bon à trente ans, lui, est resté proche de son plus haut niveau depuis 2007.
La contagion a gagné les marchés européens. Le rendement de l’obligation d’État française à dix ans est monté à 4,50 % lundi, celui de son équivalent italien à environ 4,40 %. En Allemagne, le Bund à dix ans a grimpé jusqu’à 3,538 %, son niveau le plus élevé depuis quinze ans.
Les prix de l’énergie alimentent les craintes inflationnistes. Le baril de Brent s’échangeait autour de 107 dollars mardi matin, le brut léger américain West Texas Intermediate à environ 103 dollars. Les attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et les tensions sur le trafic maritime dans le Golfe suscitent des inquiétudes sur les approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz.
La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 25 points de base la semaine dernière, à 2,5 %, en avertissant que l’inflation pourrait rester au-dessus de son objectif pendant une période prolongée. Les marchés anticipent au moins une nouvelle hausse de la BCE cette année.
Trois grandes décisions de banques centrales sont attendues cette semaine. La Réserve fédérale américaine annoncera sa décision mercredi : 85 % des économistes interrogés par Reuters prévoient une hausse de 25 points de base, une probabilité que les marchés monétaires évaluent à environ 93 %. La Banque d’Angleterre, attendue jeudi, devrait maintenir ses taux inchangés, même si certains analystes n’excluent pas une surprise à la hausse. La Banque du Japon, qui se prononcera vendredi, devrait quant à elle relever le coût de l’emprunt.
Une hausse durable des rendements des bons du Trésor peut se répercuter sur les prêts immobiliers, les crédits aux entreprises et d’autres formes de financement, pesant sur la croissance. Elle rend également les obligations plus attractives face à des marchés actions jugés onéreux.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.