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Climat : 2026 devrait devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde

Climat : 2026 devrait devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde
Climat : 2026 devrait devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde

L’année 2026 devrait se classer au deuxième rang des années les plus chaudes jamais mesurées sur la planète, derrière le record établi en 2024. Selon les dernières données du programme européen Copernicus, publiées vendredi 6 novembre, la température mondiale pourrait dépasser de 1,5 °C celle de l’époque préindustrielle. Une nouvelle alerte sur l’accélération du réchauffement climatique, alors que le mois d’octobre vient d’établir un record mondial de chaleur.

La planète continue d’enregistrer des températures exceptionnellement élevées. D’après les données du service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S), l’année 2026 a environ 80 % de chances de devenir la deuxième année la plus chaude depuis le début des relevés, derrière 2024. Les scientifiques estiment également à 20 % la probabilité qu’elle égale ou dépasse le précédent record. Ces projections reposent sur les températures observées entre janvier et octobre, associées à un modèle statistique permettant d’estimer l’évolution des deux derniers mois de l’année.

Sur les dix premiers mois de 2026, la température moyenne mondiale s’est située 0,64 °C au-dessus de la moyenne de référence 1991-2020. Cette valeur reste inférieure de seulement 0,07 °C à celle enregistrée sur la même période en 2024. Selon Copernicus, la température moyenne annuelle pourrait finalement dépasser de 1,56 à 1,61 °C les niveaux préindustriels, correspondant à la période 1850-1900. Si cette projection se confirme, 2026 deviendrait la deuxième année civile à franchir ce seuil, après 2024.

Octobre 2026 établit un nouveau record mondial

Le dernier bulletin climatique de Copernicus révèle également qu’octobre 2026 a été le mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale. La température moyenne de l’air à la surface du globe a atteint 15,35 °C, soit 0,90 °C au-dessus de la moyenne observée entre 1991 et 2020. Par rapport à l’époque préindustrielle, l’écart atteint 1,75 °C. Il s’agit du troisième mois consécutif durant lequel la température mondiale dépasse le seuil de 1,5 °C.

Cette succession de records confirme la persistance d’une chaleur inhabituelle sur la planète. Les températures élevées concernent aussi bien les continents que les océans, même si leur intensité varie selon les régions. En octobre, la température moyenne des terres émergées a atteint 10,82 °C, ce qui place le mois au troisième rang des mois d’octobre les plus chauds sur les continents. Ces résultats s’inscrivent dans une tendance de fond : les onze dernières années ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées selon Copernicus.

Le seuil de 1,5 °C de l’accord de Paris de nouveau dépassé

La perspective d’une année 2026 supérieure à 1,5 °C suscite une inquiétude particulière. Ce niveau correspond à l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris sur le climat, adopté en 2015, qui vise à limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Toutefois, le dépassement de ce seuil pendant une seule année ne signifie pas que l’objectif international est définitivement franchi. Celui-ci s’apprécie sur une période beaucoup plus longue, afin de mesurer l’évolution durable du climat.

La tendance reste néanmoins préoccupante. Selon Copernicus, la température mondiale moyenne sur la période 2023-2026 devrait elle aussi dépasser 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Ce résultat illustre la rapidité du réchauffement observé ces dernières années. Les scientifiques rappellent que l’accumulation des gaz à effet de serre issus des activités humaines constitue le principal moteur de cette évolution, tandis que les phénomènes naturels peuvent accentuer ou atténuer temporairement les températures.

El Niño contribue à accentuer la chaleur mondiale

L’évolution du phénomène climatique El Niño joue également un rôle dans les températures particulièrement élevées de 2026. Ce phénomène naturel, caractérisé par un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, modifie les circulations atmosphériques et peut entraîner une hausse temporaire de la température moyenne mondiale. Son renforcement au cours des derniers mois contribue à expliquer l’accélération des températures observée depuis l’été.

Toutefois, El Niño ne suffit pas à expliquer la tendance climatique de long terme. Le réchauffement provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre constitue le facteur déterminant de l’augmentation des températures depuis plusieurs décennies. Les phénomènes naturels se superposent à cette évolution et peuvent favoriser l’apparition de nouveaux records. Les climatologues soulignent ainsi que les variations annuelles ne remettent pas en cause la trajectoire générale du climat mondial.

Des conséquences croissantes pour les populations

La hausse des températures mondiales augmente les risques de vagues de chaleur, de sécheresses et de précipitations extrêmes dans de nombreuses régions. Elle contribue également à la fonte des glaciers, à l’élévation du niveau des mers et à la perturbation des écosystèmes. Ces conséquences ne se manifestent pas partout de la même manière, mais elles touchent déjà les infrastructures, l’agriculture, la santé publique et les ressources en eau.

L’Europe figure parmi les régions confrontées à une augmentation particulièrement rapide des températures. Les épisodes de chaleur intense et les tensions sur les ressources hydriques imposent des adaptations croissantes aux collectivités et aux entreprises. À l’échelle mondiale, les pays les plus vulnérables disposent souvent de moyens limités pour faire face à ces bouleversements, ce qui renforce les enjeux de financement de l’adaptation climatique et de coopération internationale.

Une nouvelle alerte sur la trajectoire climatique mondiale

Les projections de Copernicus interviennent alors que les États cherchent à concilier leurs objectifs climatiques avec leurs impératifs économiques et énergétiques. La réduction des émissions de gaz à effet de serre reste au cœur des stratégies destinées à limiter le réchauffement futur. Le développement des énergies bas carbone, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la transformation des transports et de l’industrie figurent parmi les principaux leviers identifiés.

Le classement définitif de 2026 ne sera connu qu’au début de l’année 2027, lorsque l’ensemble des observations aura été consolidé. D’autres organismes scientifiques utilisent des méthodes légèrement différentes et pourraient aboutir à un classement distinct. Mais quel que soit le résultat final, les données disponibles montrent déjà que 2026 appartient aux années les plus chaudes jamais mesurées. Pour les climatologues, cette nouvelle séquence souligne l’urgence de réduire durablement les émissions responsables du réchauffement mondial.

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