La France dispose désormais de sa plus grande installation opérationnelle de stockage d’électricité par batteries à Cernay-lès-Reims, dans la Marne. Inauguré le 1er octobre, le site fonctionne commercialement depuis mai 2026. Développé par TagEnergy avec la Banque des Territoires, il rassemble 140 conteneurs Tesla Megapack sur un peu plus de trois hectares. Sa puissance atteint 240 mégawatts, pour une capacité de stockage de 480 mégawattheures. L’investissement dépasse 100 millions d’euros, selon les informations rapportées lors de l’inauguration.
Ces deux chiffres correspondent à des caractéristiques différentes : les mégawatts mesurent la puissance que l’installation peut délivrer, tandis que les mégawattheures indiquent la quantité d’énergie stockable. Le site peut ainsi injecter 240 MW pendant deux heures. La Banque des Territoires présente cette restitution comme l’équivalent de la consommation d’environ 450 000 foyers sur cette durée. Cette comparaison constitue un ordre de grandeur dépendant des usages retenus, et non une capacité à alimenter durablement autant de logements.
Stocker l’électricité disponible pour la restituer aux heures de pointe
L’installation répond au décalage entre les moments où l’électricité est abondante et ceux où les besoins augmentent. Elle peut notamment absorber de l’énergie lorsque la production solaire ou éolienne est élevée, puis la restituer lors des pointes de consommation. Ce fonctionnement contribue à mieux utiliser l’électricité décarbonée et à renforcer la souplesse du système électrique. Raccordées au réseau de transport de RTE à une tension de 225 000 volts, les batteries fournissent également des services de régulation de fréquence et de tension, essentiels à sa stabilité.
Le projet, dont les premiers échanges fonciers remontent à 2022, illustre le changement d’échelle du stockage par batteries en France. La Banque des Territoires détient 49 % de la société de projet, contre 51 % pour TagEnergy. L’enjeu dépasse le record de taille : ces équipements permettent de déplacer une partie de l’électricité disponible vers les périodes où le réseau en a davantage besoin. Leur autonomie de deux heures à pleine puissance les destine toutefois à des ajustements de courte durée, plutôt qu’à la couverture de plusieurs journées de faible production renouvelable.

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